HEUREUX LES PAUVRES EN ESPRIT
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Matthieu 5.3

 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.

www.entretienschretiens.com

 

 

Nous allons entamer la première d’une série de leçons sur les Béatitudes. Les Béatitudes, comme vous le savez, décrivent les caractéristiques spirituelles que l’on devrait rencontrer chez le chrétien vivant selon la voie de Dieu. Si vous voulez avoir une idée claire et précise de ces qualités, vous les trouverez en lisant les Béatitudes. En méditant sur la signification des Béatitudes, vous affermirez votre identité chrétienne.

 

Je suis sûr que vous avez déjà lu et entendu beaucoup d’explications sur les Béatitudes. J’aimerais vous les présenter à ma façon. Il s’agit d’une partie tellement importante de l’enseignement de Jésus que l’on ne devrait jamais se lasser de lire et de relire.

 

Pour aujourd’hui, nous allons commencer avec Matthieu 5.3, une phrase dite par notre Seigneur et adressée à ses disciples devant une foule rassemblée autour d’eux. Le Sermon de Jésus sur la Montagne commence avec les mots suivants.

 

Matthieu 5.3. Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!

 

Annoncer la bonne nouvelle aux pauvres

 

Laissons de côté ce verset pour le moment et retournons un peu en arrière. Avant de prononcer son Sermon sur la Montagne, le Seigneur Jésus a eu l’occasion de prêcher dans une synagogue. Nous pouvons lire les détails de cet incident en Luc 4.18. On nous raconte que Jésus profite de cette occasion pour citer un texte tiré du livre d’Ésaïe. Voici ce qu’il présente à son auditoire.

 

Luc 4.18. L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’Il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés,

19 pour publier une année de grâce du Seigneur.

 

‘L’esprit de Dieu est sur Moi pour apporter l’évangile aux pauvres, pour proclamer l’année favorable du Seigneur.’ ‘L’année favorable du Seigneur’ est aussi appelée ‘l’année du Jubilé.’ On la proclamait à tous les 50 ans en Israël. C’était une année de grâce dont la célébration ne se produisait qu’une seule fois dans la vie d’une personne.

 

En cette année, quiconque ayant contracté une dette se voyait libéré de son obligation à rembourser cet argent. Les pauvres qui vivaient sous la contrainte de leurs dettes étaient automatiquement affranchis de leurs obligations. Tous ceux qui ont dû se vendre en esclavage par manque d’argent retrouvaient ainsi leur liberté en cette année de grâce. C’était définitivement un temps propice à la guérison des cœurs brisés. Dans ces conditions, il n’est pas difficile d’imaginer toute la joie que pouvaient ressentir les pauvres du pays lorsque l’année du Jubilé arrivait. Cette année de liberté symbolise l’avènement du royaume de Dieu où les pauvres seront affranchis.

 

Qui profitait le plus de l’année du Jubilé? Les pauvres, bien sûr. Les riches n’avaient rien à y gagner. Les dettes et l’esclavage ne faisaient pas partie de leurs problèmes. En fait, ils avaient tout à perdre. Ils devaient libérer leurs esclaves et perdaient tous leurs droits sur l’argent qu’ils avaient prêté à d’autres. C’était loin d’être une année favorable pour les riches. Ce sont les pauvres qui tirent avantage de l’année du Jubilé. Elle est une bonne nouvelle pour les pauvres alors que pour les riches, c’était une bien mauvaise nouvelle.

 

C’est donc sous cet angle que nous devons approcher Matthieu 5.3, Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! Nous expliquerons la signification de cette Béatitude dans un moment.

 

Méprisé dans son pays

 

Si vous continuez à lire le quatrième chapitre de Luc, vous verrez que Jésus, par sa lecture du livre d’Ésaïe, venait d’attirer l’attention de toute l’assemblée. On scrutait chacun de ses gestes. Toutes les personnes se trouvant dans cette synagogue de Nazareth, la ville natale de Jésus, attendaient avec nervosité la suite des événements.

 

Jésus ferma le livre et le remit au serviteur. Après s’être assis, il annonçait à ceux qui se trouvaient devant lui, Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie (Luc 4.21). ‘Ce passage du livre d’Ésaïe 61 dont je viens d’en faire la lecture est en train de s’accomplir. La prophétie de la Parole de Dieu concernant la venue d’un Roi qui proclamera l’année du Jubilé est maintenant devenue une réalité en ma présence.’ Quelle déclaration!

 

Regardez bien la réaction des gens. Cette histoire tourne plutôt au vinaigre comme on peut le lire aux vv. 28-29.

 

Luc 4.28. Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent ces choses.

29 Et s’étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu’au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas.

 

Les gens de son propre village, les gens de Nazareth, n’ont pas voulu accepter son message. Dans un autre passage, en Matthieu 13.57, le Seigneur Jésus fait cette remarque : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. Dans les deux passages, la foule se posait la même question. N’est-il pas le fils de Joseph (Luc 4.22)? N’est pas le fils du charpentier? N’est-ce pas Marie qui est sa mère (Matthieu 13.55)? ‘Nous le connaissons depuis son enfance. Nous connaissons sa famille. Comment peut-il être le Messie?’

 

Vous savez, l’être charnel regarde les gens avec un esprit charnel en réduisant tout ce qu’il voit à son propre niveau. Ce qui relève du domaine spirituel dépasse son entendement. Il n’arrive pas à voir que Dieu peut se manifester dans la chair en prenant la forme d’un être humain et que ce charpentier, dont ils connaissaient l’histoire familiale, était précisément le Christ, apparu dans un corps humain. La logique humaine les empêchait de voir au-delà du monde physique. ‘Puisqu’il s’agit d’une personne que je connais depuis son enfance, comment peut-il être le Fils de Dieu?’ se demandaient-ils.

 

‘Un prophète,’ nous dit Jésus, ‘n’est pas sans honneur aux yeux de Dieu.’ Mais de son vivant, dans son propre pays, il sera souvent méprisé. Les prophètes de l’AT ont dû faire face à cette dure réalité. En effet, qui accepterait de se faire dire, ‘Si vous ne vous repentez point, vous allez périr.’ Qui ne serait pas insulté s’il se faisait dire, ‘Vous êtes tous des pécheurs que Dieu s’apprête à punir.’ Les prophètes ont souvent connu plus le mépris que l’honneur durant leur période de service pour le Seigneur.

 

Quand Jésus prêchait la bonne nouvelle, lui aussi a dû endurer le mépris. Les Juifs, particulièrement les chefs religieux, ont haï Jésus. Ils l’ont tellement haï qu’ils ont mis en place un plan pour le clouer sur une croix. Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. Ils ne voulaient pas écouter la bonne nouvelle. Les seules personnes qui avaient l’oreille à l’écoute sont celles qui pouvaient se réjouir de l’année du Jubilé, i.e., les pauvres. Ce sont les pauvres en esprit qui sont ouverts aux choses spirituelles et qui jubilent à l’annonce de l’avènement du royaume de Dieu. Les riches, ceux qui se croient justes et qui n’ont besoin de rien, sont les grands perdants durant l’année de la faveur de l’Éternel. C’est pourquoi la bonne nouvelle ne les attire guère.

 

Ainsi le Seigneur Jésus débute son Sermon sur la Montagne en disant, Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! Dans le but de faciliter notre étude, nous allons fractionner cette déclaration en trois parties et regarder de près chacune des parties. Tout d’abord, il y a le mot ‘heureux.’ Puis deuxièmement, nous retrouvons ‘les pauvres en esprit.’ Et troisièmement, il y a ‘le royaume des cieux.’ Quelle est la signification de ces termes?

 

Heureux êtes-vous

 

Regardons en premier lieu le mot ‘heureux.’ Dans les Béatitudes, l’idée d’être heureux dépasse l’aspect émotionnel du bonheur. Il ne s’agit d’un sentiment influencé par les circonstances extérieures mais plutôt d’une joie intrinsèque ressentie par celui qui jouie de l’approbation et des bénédictions de Dieu. Heureux est l’homme qui est l’objet de la bienveillance de Dieu. D’ailleurs c’est sur ce thème de la félicité que commence le livre des Psaumes. Voici ce que nous lisons en Psaume 1.1-2.

 

Psaume 1.1. Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs, et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs,

2 mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, et qui la médite jour et nuit!

 

Dans les Écritures, nous observons que le concept d’être heureux s’applique à un type d’homme. Le mot ‘heureux’, quand il apparaît dans la Bible, est lié à un genre de personne en particulier. Quel type d’homme est qualifié d’heureux dans les Saintes Écritures? Heureux est l’homme qui ne marche pas dans le péché mais qui vit dans la droiture. Heureux est l’homme qui trouve son plaisir en Dieu et dans sa loi, et qui médite la Parole de Dieu jour et nuit.

 

La même remarque peut se faire avec les Béatitudes, c’est-à-dire que le bonheur spirituel est promis à un type de personne. Dans la première Béatitude de Matthieu, il est proclamé à ceux qui sont pauvres en esprit. Ce sont les pauvres en esprit qui sont les bienheureux car ils ont reçu l’approbation du Seigneur. Dieu bénit tous ceux qu’il approuve. Et ceux-ci accueillent cette bénédiction divine avec joie et bonheur. Donc ceux qui sont proclamés bienheureux par Dieu correspondent à un type d’individu présentant certaines caractéristiques spirituelles. Et en Matthieu 5.3, je le répète à nouveau, il s’agit de celui qui fait preuve de pauvreté d’esprit.

 

Pauvres en esprit

 

Allons maintenant au deuxième point. Qui sont ces gens qui bénéficient de l’approbation de Dieu? Qui sont ces personnes qui se réjouissent de leur relation avec le Seigneur? Heureux les pauvres. Cette affirmation va à l’encontre de la pensée du monde. Dans toute communauté, il vaut mieux être riche que pauvre. Heureux êtes vous si vous êtes riches car vous faites l’envie des hommes. Votre richesse vous comble de bonheur. Ainsi pensent les hommes. Mais Jésus affirme le contraire. Il fait plutôt l’éloge de la pauvreté. ‘Heureux sont les pauvres!’ Voyez-vous, à partir du moment où vous franchissez le seuil du royaume de Dieu, il se produit un renversement immédiat dans l’ordre des priorités de la vie. Les valeurs traditionnelles de ce monde n’ont plus la même importance. Une révolution survient dans votre façon de voir la vie. Elle vous force à redéfinir votre échelle des valeurs.

 

Considérons cette question de pauvreté. Dans l’évangile de Matthieu, nous retrouvons la phrase, Heureux les pauvres en esprit. Le verset parallèle à cette Béatitude se trouve en Luc 6.20 où on lit, Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous! Donc Luc utilise simplement le mot ‘pauvre’ sans autre précision. Ce sont les pauvres qui possèdent le royaume de Dieu. Et nous avons vu précédemment que Jésus a lu le livre d’Ésaïe, au chapitre 61, en citant la phrase, L’Esprit du Seigneur est sur moi … pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Encore une fois, le mot ‘pauvre’ se retrouve tout seul, sans explication supplémentaire.

 

Quelle conclusion doit-on en tirer? Doit-on être matériellement pauvre pour entrer dans le royaume des cieux? Est-ce que Dieu bénit seulement ceux qui vivent dans la pauvreté? Bien sûr que non. Le fait de vivre dans l’indigence ne vous fait pas automatiquement profiter des bénédictions divines. La pauvreté matérielle ne vous donne pas un libre accès au paradis.

 

Dans la version de Luc sur les Béatitudes, il y a un verset qui se présente de cette façon. Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés (Luc 6.21). Doit-on conclure qu’en se privant de nourriture, nous serons heureux et bénis par Dieu? Absolument pas! L’évangile de Matthieu ajoute un détail supplémentaire. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés (Matthieu 5.6). Lorsque Luc parle d’avoir faim, il faut comprendre qu’il ne s’agit pas du besoin de manger de la nourriture que nous ressentons lorsque nous avons l’estomac vide. Luc, tout comme Matthieu, parle d’une faim spirituelle qui nous fait désirer la justice dans notre vie. Même si le vocabulaire de Luc semble plus ‘physique’ que celui de Matthieu, il n’en demeure pas moins que tous les deux présentent le même contenu spirituel. Ainsi le même raisonnement s’applique sur la notion de pauvreté dans les Béatitudes où il est question d’une pauvreté spirituelle et non pas économique.  

 

Humilité et douceur

 

Lorsque nous examinons la définition du mot ‘pauvre’ dans le langage hébraïque et l’utilisation qu’en fait la Bible, nous découvrons que le mot ‘pauvre’, même sans les mots ‘en esprit’, signifie ‘être humble’ de cœur ou ‘être doux’ de caractère. En Ésaïe 66.2, Dieu dit, Et voici à qui je regarde: à celui qui est humble, qui a l’esprit abattu, et qui tremble à ma parole. ‘Je regarde celui qui est humble’, i.e., qui est pauvre. En hébreux, il s’agit du même mot. Être pauvre, c’est être humble.

 

Remarquez aussi que la pauvreté et la contrition du cœur (traduit ici dans la Bible Ostervald par esprit abattu) sont mises côte à côte. C’est à eux, les humbles, ceux qui ont l’esprit contrit, que le Seigneur s’adresse lorsqu’il proclame la bonne nouvelle du salut. Lorsque Jésus cite Ésaïe 61 et dit, ‘L’esprit de Dieu est sur moi pour apporter l’évangile aux pauvres’, il n’y a aucun doute que les ‘pauvres’ sont ceux qui font preuve d’humilité et qui éprouvent du chagrin pour leurs péchés. Jésus s’adresse particulièrement à eux car ce sont les pauvres, présentant une telle modestie, qui vont accueillir favorablement l’évangile.

 

Dans l’AT, les pauvres sont souvent décrits comme étant des personnes sans défense, opprimées par les riches et les puissants de ce monde. Ils doivent se tourner vers Dieu pour chercher refuge. Dieu devient leur secours et leur bouclier dans leurs épreuves. Les riches, ceux qui pensent se suffire à eux-mêmes, n’ont pas besoin de qui que ce soit. Ils se croient être assez forts pour se défendre par eux-mêmes. Ils ne voient pas la nécessité de compter sur l’aide de Dieu pour les défendre.

 

Mais les pauvres se trouvent dans une situation fort différente. Le futur n’annonce rien de prometteur pour eux. Aux yeux du monde, les pauvres ne peuvent fonder aucun espoir sur leur avenir. Et pourtant, cette carence matérielle s’accompagne souvent d’une humilité et d’une sensibilité aux choses spirituelles. Cette prise de conscience de leur propre besoin amène souvent les démunis à se montrer extrêmement réceptifs au message rempli d’espoir que Dieu apporte. Dieu devient l’objet de leur espérance. Les pauvres ont appris à s’appuyer sur Dieu pour toutes choses, à dépendre de l’Éternel jour après jour.

 

Vous voyez maintenant pourquoi on ne peut pas limiter la définition du mot ‘pauvre’ au domaine économique. Elle est beaucoup plus étendue que cela. La Bible veut mettre l’accent sur l’humilité d’une personne, une humilité spirituelle qui conduit celle-ci à se fier au Seigneur pour obtenir de l’aide et du réconfort. Le pauvre est celui qui ressent ses besoins et qui éprouve la nécessité de demander de l’aide. Il se rend compte que sans la présence de Dieu dans sa vie, il est perdu. Il supplie alors le ciel de le sauver. On pourrait paraphraser cette Béatitude en disant, ‘Heureux ceux qui éprouvent un profond sentiment d’échec spirituel devant Dieu.’

 

Observez cet autre point. À qui est réservé le royaume de Dieu? Aux pauvres en esprit. Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! J’aimerais ici faire un commentaire concernant l’enseignement de Jésus sur le salut. Vous ne serez pas sauvés simplement pour avoir crû aux bonnes doctrines chrétiennes. Vous ne serez pas sauvés pour avoir fait de bonnes œuvres dans votre vie. Le salut appartient à un type de personne. Et dans cette Béatitude, le Seigneur Jésus parle du pauvre en esprit. Il ne suffit pas de croire aux bonnes choses. Il ne suffit pas d’accomplir ce que la Bible demande de faire. Il faut surtout être la personne que Dieu désire voir en nous.

 

Tout chrétien doit garder en tête cette importante notion. Ne faites pas l’erreur de penser que vous êtes sauvés parce que vous êtes en accord avec les doctrines de votre église. Aller à l’église à tous les dimanches ne vous assure pas non plus de votre salut. Vos temps de prière avec Dieu sont importants, mais ils ne peuvent pas constituer la base de votre salut. C’est la disposition de votre cœur qui joue un facteur crucial. Et dans l’enseignement du Christ, ce sont les pauvres en esprit qui sont sauvés. Le royaume des cieux est à eux.

 

Un cœur contrit

 

Alors comment devient-on pauvre en esprit? Il n’y a qu’un seul chemin qui mène à cet état d’âme. Il s’agit de celui emprunté par le cœur pénitent. Seule la repentance permet la régénération de l’âme et donne naissance à une nouvelle créature en Christ. Si vous avez le désir de devenir ce type de personne, si vous vous demandez comment on devient pauvre en esprit, vous devez d’abord vous inspirer du Psaume 51. Dans ce psaume, David ouvre son cœur à Dieu. Il confesse douloureusement ses péchés et lui demande pardon.

 

Psaume 51.1. O Dieu! aie pitié de moi dans ta bonté; selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions;

2 lave-moi complètement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché.

3 Car je reconnais mes transgressions, et mon péché est constamment devant moi.

 

De telles paroles ne peuvent provenir que de la bouche d’un pauvre en esprit. Vous faites preuve de pauvreté d’esprit lorsque vous reconnaissez votre faillite spirituelle devant Dieu, lorsque vous prenez conscience de l’état de péché dans lequel vous vous trouvez. Vous vous rendez compte alors que la colère divine pèse sur vous et que vous ne méritez rien d’autre que de subir le châtiment de Dieu. En faisant face à cette pénible réalité, vous dites à Dieu, ‘Aie pitié de moi, ô Dieu! Je t’en prie, accorde-moi ta grâce et efface mes fautes.’

 

Naître de nouveau

 

Sentez-vous la douleur qu’éprouve le psalmiste? Non seulement exprime-t-il du remords, mais il y a aussi un profond désir de réparation, une volonté de voir la relation se rétablir. C’est ce que la Bible appelle la repentance. Confession et repentance sont les étapes initiales qui conduisent un individu aux portes du royaume des cieux. L’autre étape consiste en une transformation radicale de l’être. Le Psaume 51 en fait également mention. Lisons le v. 10.

 

Psaume 51.10. O Dieu! crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé.

 

Ici le psalmiste fait allusion à ce que la Parole de Dieu appelle une ‘nouvelle création.’ ‘Donne-moi un cœur nouveau et un esprit nouveau.’ Pour que cela se produise, il faut se repentir de ses péchés et laisser l’Esprit de Dieu agir en vous. Il fera de vous une personne entièrement nouvelle. Vous devenez ce que Paul appelle une ‘nouvelle créature’ (2Corinthiens 5.17), un être spirituel régénéré par le Saint Esprit. Mais cela ne peut survenir que dans un esprit d’humilité. C’est pourquoi les pauvres en esprit sont les bienheureux. Ils possèdent l’attitude requise qui permet à Dieu de les transformer en un être nouveau, rempli de son Esprit.

 

Il n’y a pas d’autre manière qui puisse nous assurer d’une place dans le royaume de Dieu. Il faut devenir une nouvelle création en Christ, être créé à nouveau par Dieu. En Jean 3.5, Jésus fait la déclaration suivante à un pharisien nommé Nicodème : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Si un homme veut entrer dans le royaume de Dieu, il doit se soumettre à une condition, i.e., naître d’eau et d’Esprit. Il s’agit du même enseignement, mais exprimé en des termes différents.

 

Le royaume des cieux appartient à ceux qui ont fait l’expérience du miracle de la régénération. Ils sont devenus une nouvelle créature en naissant d’eau et d’Esprit. Quand la Bible parle de croire en Dieu, elle implique une pauvreté d’esprit. C’est en croyant avec humilité, dans un esprit de pauvreté spirituelle, que Dieu pourra implanter en nous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Nous sommes ainsi recréés sur le plan spirituel. L’apôtre Jean dit que nous naissons de nouveau par l’eau et par l’Esprit.

 

Avoir la vie éternelle

 

Si vous continuez à lire en Jean 3, vous allez tomber sur un verset très connu. Jean 3.16 : Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Il faut se rappeler qu’au v. 5, le Seigneur Jésus enseignait à Nicodème la nécessité d’entrer dans le royaume de Dieu par une nouvelle naissance. Puis, au v. 16, il parle maintenant d’avoir la vie éternelle. Nous observons ainsi que dans le 3ième chapitre de Jean, le royaume de Dieu et la vie éternelle sont mis sur le même pied. Ce sont des synonymes. Lorsque nous pénétrons dans le royaume de Dieu, nous acquérons la vie éternelle.

 

Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! C’est au pauvre en esprit que Dieu accordera le royaume des cieux. C’est au pauvre en esprit que Dieu donnera la vie éternelle. Voyez-vous, un royaume ne peut pas être un royaume sans la présence de son roi. Si vous acceptez de faire partie du royaume, vous devez aussi accepter l’autorité du roi qui s’y trouve. Lorsque vous accueillez Jésus comme étant le Roi de votre vie, vous recevez par la même occasion la vie éternelle, cette vie que seul Dieu peut donner. On peut concevoir la vie éternelle comme étant la conséquence de la présence de Jésus dans votre vie avec toute la considération, le respect et l’obéissance que l’on doit accorder à son Roi.

 

Je vous rappelle à nouveau que c’est le pauvre en esprit, et non pas le riche, qui accueillera avec joie la venue du Roi, Jésus Christ. Il est celui qui fait preuve d’humilité et de douceur. Le cœur meurtri par la prise de conscience de ses propres péchés, il implore le pardon de Dieu. Devant une telle supplication, la réaction de Dieu ne se fait pas attendre. Il lui fait miséricorde et lui donne le royaume des cieux. Son âme reçoit ainsi le don précieux de la vie éternelle.

Quelle magnifique promesse! Avec une telle perspective, on comprend aisément pourquoi Jésus affirme que les pauvres en esprit sont les bienheureux. Ils obtiennent, par la grâce de Dieu, la citoyenneté du royaume des cieux. Ils héritent du droit de cité, à titre de chrétien, pour l’éternité.