VOUS ÊTES LE SEL DE LA TERRE (1)
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Matthieu 5.13 

 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.

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Après avoir complété notre étude des Béatitudes, nous arrivons maintenant au verset en Matthieu 5.13, un court verset qui décrit le chrétien comme étant le sel de la terre. Lisons ce passage.

 

Matthieu 5.13. Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.

 

La salinité chrétienne

 

Bien que ce passage ne fasse pas partie des Béatitudes, il constitue néanmoins une suite logique aux Béatitudes. Ceux que Jésus qualifie de bienheureux, c’est-à-dire les pauvres en esprit, les miséricordieux, les doux, ce sont les mêmes personnes qui, par leur ressemblance au Christ, vont agir comme du sel dans la société humaine. ‘L’homme béni des Béatitudes,’ nous dit Jésus, ‘est appelé à exercer une influence sur le monde qui se compare à celle du sel sur la nourriture.’

 

Prenez note du changement qui se produit à la dernière Béatitude. La formule ‘heureux ceux qui’ devient soudainement ‘heureux serez-vous.’ Les huit premiers énoncés se présentaient sous une forme impersonnelle. Toute personne qui possède ces qualités était déclarée bénie. Et lorsque nous lisons le v. 11 où nous retrouvons la dernière Béatitude, il devient évident que Jésus parlait de ses propres disciples. Heureux serez-vous (mes disciples), lorsqu’on vous outragera. Le pronom ‘vous’ apparaît à nouveau au v. 13, Vous êtes le sel de la terre, ce qui a pour effet de relier directement ce verset aux Béatitudes.

 

Symbole de la puissance purifiante de Dieu

 

Les chrétiens constituent le sel de la terre. Comment devrait-on interpréter cette comparaison des croyants au sel? Quelle est la signification de cette métaphore? Cette image du sel a pour but de montrer le rôle du disciple dans le milieu autour duquel il gravite. Son influence sur le monde se compare à l’effet du sel sur les aliments. Le sel possède plusieurs propriétés. Par exemple, nous savons tous que le sel a des vertus préservatives. Elle est employée comme agent de purification. Elle assaisonne la nourriture. Toutes ces caractéristiques du sel se retrouvent dans la Bible pour illustrer certaines vérités spirituelles. Regardons un exemple de l’action purifiante du sel dans l’AT. Lisons 2Rois 2.19-22. Dans ce passage, nous retrouvons le prophète Élisée faisant usage du sel dans un but bien précis.

 

2Rois 2.19. Les gens de la ville dirent à Élisée: Voici, le séjour de la ville est bon, comme le voit mon seigneur; mais les eaux sont mauvaises, et le pays est stérile.

20 Il dit: Apportez-moi un plat neuf, et mettez-y du sel. Et ils le lui apportèrent.

21 Il alla vers la source des eaux, et il y jeta du sel, et dit: Ainsi parle l’Éternel: J’assainis ces eaux; il n’en proviendra plus ni mort, ni stérilité.

22 Et les eaux furent assainies, jusqu’à ce jour, selon la parole qu’Élisée avait prononcée.

 

Nous voyons ici le prophète Élisée jeter du sel dans les eaux de la ville de Jéricho. Il déclare par la même occasion, ‘J’assainis ces eaux.’ Élisée a rendu pures les eaux de la ville en y mettant du sel. Il s’agissait bien sûr d’un geste symbolique. Il ne faudrait pas penser que le seul fait d’ajouter du sel à une eau polluée la rend pure. Bien au contraire, l’ajout de sel aurait comme conséquence logique de la rendre encore moins propre à la consommation. L’action d’Élisée perdrait tout son sens si nous l’interprétions d’un point de vue strictement chimique.

 

On nous dit que les eaux de la ville étaient devenues mauvaises et la terre infertile. Cette situation était le reflet de la stérilité spirituelle du peuple hébreu corrompu par l’idolâtrie. La solution qu’apporta Élisée au problème de l’eau comportait un objectif bien précis, celui de démontrer la puissance assainissante de la sainteté. La signification de l’action d’Élisée reposait sur le symbolisme du sel. Les Israélites utilisaient le sel à des fins de préservation et de purification. Le miracle qui s’est produit à Jéricho ne dépendait aucunement du sel mais plutôt de la puissance de Dieu. Le sel n’était qu’un instrument symbolique. Remarquez les paroles d’Élisée : ‘Ainsi parle l’Éternel.’ Dieu a parlé par l’entremise de son prophète Élisée. L’autorité, la capacité à assainir provient de l’Éternel. Le sel est utilisé ici pour représenter la pureté et la sainteté. Il symbolise la puissance de purification qu’exerce la sainteté.

 

Ce type de symbolisme apparaît sous différentes formes dans les Écritures. On peut penser par exemple à l’utilisation de l’huile en Jacques 5.14. On lit qu’un malade est soigné par la prière et par l’application d’huile. Quelle est la signification de l’onction d’huile dans le soin d’un malade? L’huile possède-t-elle une valeur curative? Pas du tout. L’huile n’est pas considérée comme étant un agent thérapeutique en médecine. Elle ne possède pas non plus de vertu surnaturelle. Le rétablissement du malade n’est pas causé par l’huile qu’on lui verse. Dans la Bible, l’huile d’olive symbolise la personne et la puissance du Saint Esprit. Et dans ce passage en Jacques, elle sert à nous rappeler que Dieu est l’auteur de la guérison. L’huile en soi ne peut pas guérir un corps malade. La puissance nécessaire à la guérison réside dans l’Esprit de Dieu, symbolisé ici par l’huile.

 

Dans le cas d’Élisée, le sel n’est pas la cause du miracle de l’assainissement des eaux. Il s’agit plutôt d’un symbole spirituel représentant la puissance divine de purification. Lorsque Jésus déclare que les chrétiens sont le sel de la terre, il ne faudrait pas penser que nous possédons dans notre nature des vertus spéciales qui nous placent au-dessus du reste de l’humanité. Christ est en nous, et c’est ce qui fait toute la différence. Si nous sommes au monde ce que le sel est aux aliments, il faut rendre grâce à Dieu pour la puissance qu’il nous procure. Sans la présence de Dieu en nous, nous n’avons aucune vertu qui permet à Jésus de nous comparer au sel. Nous sommes ce que nous sommes uniquement par la grâce de Dieu.

 

Du sel sur toutes les offrandes

 

Considérons maintenant un autre exemple qui met en lumière la vertu purifiante du sel. Le sel possède la propriété de préserver les aliments de la putréfaction. À une époque où la réfrigération n’existait pas, on l’utilisait pour la conservation de la nourriture. Sur le plan spirituel, il symbolise la puissance qui freine la décomposition morale, ou mieux encore, qui empêche la corruption. Il devient à juste titre un emblème de pureté et d’incorruptibilité. C’est pourquoi aucun sacrifice dans l’AT ne pouvait être présenté devant Dieu sans avoir été saupoudré de sel. Du sel devait être ajouté dans toutes les offrandes. Cette prescription divine se trouve en Lévitique 2.13.

 

Lévitique 2.13. Tu mettras du sel sur toutes tes offrandes; tu ne laisseras point ton offrande manquer de sel, signe de l’alliance de ton Dieu; sur toutes tes offrandes tu mettras du sel.

 

Élément essentiel du système sacrificiel, le sel était répandu sur tout ce qui était apporté en offrande à l’Éternel. On comprend aisément la signification d’une telle ordonnance. La sainteté et la pureté doivent accompagner toute offrande présentée à Dieu. La triade sel-pureté-sainteté apparaît spécifiquement en Exode 30.35 où il est question de l’utilisation de l’encens dans le service du tabernacle : Tu feras avec cela un parfum composé selon l’art du parfumeur; il sera salé, pur et saint.

 

Ce principe s’applique également aux chrétiens qui se laissent conduire par la puissance de l’évangile. À la manière du sel qui altère la viande et en prévient la décomposition, l’évangile protège l’homme contre la décomposition morale engendrée par le péché. Tout comme le sel devait figurer dans tous les sacrifices, nous devons à notre tour devenir du sel, par l’action du Saint Esprit, lorsque nous nous offrons en sacrifice vivant à Dieu.

 

L’homme dont la vie est assaisonnée de sel possède une pureté qui le distingue du reste de la société. Il faut se rappeler que pour devenir une lumière, il faut d’abord la recevoir dans nos cœurs. ‘La lumière du Seigneur luira sur toi,’ dit Paul aux Éphésiens. Réveille–toi, toi qui dors, relève–toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera (Éphésiens 5.14). ‘Le Seigneur Jésus te fera briller de sa lumière.’ Ainsi nous devenons lumière après avoir reçu la lumière de Jésus en nous. De la même façon, ce n’est qu’après avoir accueilli l’œuvre purificatoire du Saint Esprit, illustrée ici par le sel, que nous devenons du sel.

 

Un langage assaisonné de sel

 

Donc l’AT contient des instructions concernant l’obligation de répandre du sel sur toutes les offrandes consacrées à Dieu. Le NT reprend le thème du sel et l’applique à la vie courante. Paul nous dit que nos paroles devraient être assaisonnées de sel. Lisons ce passage en Colossiens. Ceci nous permettra d’explorer davantage la signification du sel dans le contexte du NT.

 

Colossiens 4.5. Conduisez-vous avec sagesse envers ceux du dehors, et rachetez le temps.

6 Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun.

 

Lorsque le chrétien s’exprime, ses paroles doivent être assaisonnées de sel. Voilà une curieuse façon d’enseigner. Qu’est-ce que Paul voulait communiquer? Comment parvient-on à assaisonner notre langage avec du sel? Il faut rechercher la signification spirituelle du sel qui se dégage de ce passage. Que représente le sel dans ce verset?

 

Notre passage principal en Matthieu 5.13 nous donne un important indice. Je dois vous prévenir que cet indice échappera à votre attention si vous ne disposez que d’une Bible en langue française. Que lit-on? Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? ‘Si le sel perd sa saveur.’ Cette traduction ne correspond pas exactement au texte original. Une traduction plus littérale se lirait de la manière suivante : ‘Mais si le sel devient fou.’ Aussi étrange que cela puisse paraître, le mot grec, traduit ici par ‘perdre la saveur,’ exprime en réalité l’action de faire des folies. Et malheureusement, nos Bibles francophones ne laissent pas transparaître cette particularité. Ainsi, lorsque le sel perd de sa saveur, c’est dans le sens qu’il devient ‘fou,’ ou qu’il agit follement.

 

Cette constatation nous permet maintenant d’avancer certaines conclusions. Tout d’abord, nous pouvons inférer que l’image du sel sert à désigner la sagesse spirituelle puisque le contraire de la folie est la sagesse. Au sens spirituel, une personne que l’on dit ‘folle’ est une personne qui manque de sagesse.

 

Il y a dans le langage hébreu un mot qui exprime clairement cette double idée de devenir fade et de devenir ‘fou.’ Ce mot se trouve en Job 6.6. Peut-on manger ce qui est fade (taphel) et sans sel? Y a-t-il de la saveur dans le blanc d’un oeuf? ‘Comment peut-on donner de la saveur à ce qui est fade? Comment peut-on manger un aliment qui a perdu son goût à moins d’y ajouter du sel?’ Le même mot hébreu pour ‘fade’ apparaît en Lamentations 2.14, mais cette fois-ci pour signifier la folie. Tes prophètes ont vu pour toi la vanité et la folie (taphel). Nous sommes donc en présence d’un mot ayant deux définitions distinctes mais qui sont reliées entre elles. La première désigne ce qui est fade, et la deuxième indique la folie.

 

La sagesse chrétienne

 

Il est important de souligner cette caractéristique car la sagesse, dans son sens biblique, possède une forte connotation morale et se retrouve souvent en opposition avec la folie ou la sottise. Prenez par exemple Proverbes 29.11 où il est question d’une personne au langage fougueux et d’une autre au caractère beaucoup plus conciliant. Le sot donne libre cours à tous ses emportements, mais le sage, en les réprimant, les calme. La sagesse se constate dans la conduite de l’individu. Elle a trait davantage à notre tempérament et à nos actions qu’à notre connaissance.

 

Dans le NT, le contraste se présente par l’opposition de la sagesse terrestre à la sagesse qui vient d’en haut. La sagesse terrestre est charnelle et démoniaque. À l’inverse, la sagesse d’en haut possède des traits qui nous font penser à Christ. Nous avons une liste de ses qualités en Jacques 3.17.

 

Jacques 3.17. Mais la sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite paisible, modérée, traitable, pleine de miséricorde et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie.

 

Je me demande si, en écoutant ce verset, vous avez pris la peine de compter le nombre de qualités qui composent cette liste. Combien en voyez-vous? (1) pure; (2) paisible; (3) modérée; (4) traitable; (5) pleine de miséricorde; (6) pleine de bons fruits; (7) sans partialité; (8) sans hypocrisie. Jacques décrit la sagesse d’en haut par ces huit qualités, plus une autre qui figure au v. 13.

 

Jacques 3.13. Lequel d’entre vous est sage et intelligent? Qu’il montre ses oeuvres par une bonne conduite avec la douceur de la sagesse.

 

La douceur de la sagesse. Huit plus un font neuf. À quoi la douceur vous fait-elle penser? Aux Béatitudes, bien sûr! ‘Heureux ceux qui sont doux.’ Et combien avons-nous de Béatitudes? Neuf Béatitudes. Étonnant! Est-ce une pure coïncidence? Nous avons récemment étudié les neuf composantes du fruit de l’Esprit en relation avec les Béatitudes. Nous avons aussi vu en quoi les neufs Béatitudes sont reliées à la prière du Seigneur. Et ici, Jacques nous parle de neuf qualités qui définissent la sagesse d’en haut.

 

Pourquoi mentionner tout cela? Parce qu’il y a un rapport direct avec le sel. En quoi consiste cette relation? La voici : le sel symbolise la sagesse céleste. Lorsque Jésus déclare que vous êtes le sel de la terre, cela signifie que votre conduite devrait refléter les neuf caractéristiques associées à la sagesse d’en haut.

 

Il y a tant de richesse à découvrir dans la parole de Dieu! Nous avons maintenant une compréhension plus approfondie des qualités qui caractérisent un disciple du Christ. On peut les envisager sous l’angle des Béatitudes. On peut aussi les décrire en fonction du fruit de l’Esprit. Et maintenant, nous pouvons les associer à la sagesse de Dieu et en faire des sujets de prière.

 

Se donner par la mort, le feu, ou la dissolution

 

Nous avons mentionné que dans l’antiquité, on se servait du sel comme agent de préservation. Il était particulièrement utilisé pour conserver la viande. Mais comment le sel freine-t-il la détérioration de la nourriture? Que doit-il faire pour agir correctement? Pensez à la dernière fois que vous avez consommé du sel. Vous avez saupoudré votre nourriture de sel pour lui donner du goût. En regardant votre assiette, qu’observez-vous? Le sel disparaît. Vous ne le voyez plus car il s’est dissout dans la nourriture. Ce phénomène met en lumière un important aspect de la vie du disciple et ce qu’il est appelé à accomplir dans ce monde.

 

Le sel fait effet lorsqu’il se dissout. En langage biblique, on peut dire qu’il disparaît ou qu’il ‘meurt.’ Jean 12.24 utilise l’image d’un grain de blé qui tombe dans la terre et qui meurt. En mourant, il donne naissance à d’autres grains et porte ainsi beaucoup de fruit.

 

Jean 12.24. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.

 

Le sel opère de la même façon. Il tombe dans la nourriture et y meurt. Il s’est dissout. De cette manière, il peut porter du fruit en abondance, i.e. qu’il peut nous faire profiter de ses vertus préservatives. Si le sel ne se dissout pas, il ne pourra pas produire d’effet. Le sel agit par dissolution, en passant par la mort.

 

La même analogie peut s’appliquer à la lumière. Comment la lumière accomplit-elle sa fonction? Exactement de la même manière : en se donnant d’elle-même, en mourant. Regardez une chandelle qu’on a allumée. Qu’observez-vous? Avec le temps, elle se raccourcit. Si on emploie une chandelle comme source d’éclairage, on doit s’attendre à ce que celle-ci devienne de plus en plus courte à l’usage. Pour dégager de la lumière, une bougie doit brûler. Elle doit ainsi passer par la mort en se consumant par le feu jusqu’à ce qu’elle disparaisse complètement.

 

Et c’est précisément ce type de symbolisme que le Seigneur Jésus utilise pour décrire ce qui doit caractériser la vie de ses disciples. Il faut que l’huile brûle pour avoir de la lumière. Le sel doit se dissoudre et disparaître dans les aliments si on veut les préserver de la pourriture. La graine qui tombe au sol doit mourir. C’est alors qu’elle pourra fournir beaucoup de fruit. ‘Sinon,’ nous avertit Jésus, ‘le grain de blé restera seul.’ Le sel qui refuse de se dissoudre restera seul dans son coin comme un tas granuleux qui n’a aucune utilité.

 

Le caractère charitable de la sagesse d’en haut

 

Cette disposition à se donner à autrui constitue un attribut essentiel de la sagesse divine. Prenons l’exemple de 1Corinthiens 1.23-24. Paul nous révèle ici un trait distinctif de la sagesse qui vient d’en haut.

 

1Corinthiens 1.23. Nous, nous prêchons Christ crucifié (le Christ qui est mort sur la croix. Le Fils de Dieu qu’on a fait périr. Le Fils de Dieu qui s’est donné à l’humanité en prenant le chemin de la croix pour la rémission de nos péchés);

 

scandale pour les Juifs et folie pour les païens (ce message concernant la rédemption de la race humaine par la crucifixion d’un homme n’est qu’une pure absurdité pour les Juifs et pour les païens. Les Juifs crient au scandale parce qu’ils ne peuvent pas accepter le fait que leur Messie puisse mourir comme un criminel. Les païens pensent que c’est une folie de croire qu’un dieu promettant le salut puisse être crucifié aussi bêtement par ses ennemis),

 

24 mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs (le Christ crucifié, il est celui qu’on appelle la sagesse de Dieu).

 

Cette histoire de sacrifice sur une croix choque-t-elle votre intelligence? Il n’est pas étonnant que Paul écrit un peu plus loin que la folie apparente de Dieu est bien plus sage que la raison humaine. Ce qui est folie aux yeux du monde, c’est justement ce que la Bible appelle la sagesse de Dieu, une sagesse qui a la particularité de se donner à autrui. ‘Alors que nous étions morts à cause de nos fautes et de nos péchés, lorsque nous étions encore ses ennemis,’ nous dit Paul en Colossiens, ‘il nous a fait revivre en pardonnant nos péchés par sa mort sur la croix.’ Voyez-vous, c’est cela que les Écritures appellent la sagesse divine et que la sagesse des hommes ne peut pas comprendre. Il s’agit du Christ crucifié, le Fils de Dieu qui nous a réconciliés au Père en faisant le don de lui-même par la croix.

 

Le sel et la sagesse

 

Retournons à notre passage en Colossiens 4.6. Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun. Nous pouvons mieux saisir ce que Paul exprime dans ce verset. Assaisonnée de la sagesse d’en haut. Le sel symbolise ici la sagesse. Que tous vos propos soient assaisonnés de la sagesse divine. Que votre parole s’exprime toujours dans un esprit qui désire se donner à tous. Tout ce qui sort de notre bouche doit servir à l’édification de ceux qui nous écoutent. Vous voyez que le sel est associé à la sagesse d’en haut par le fait qu’il aspire également à se dévouer aux autres.

 

Comprenez-vous maintenant pourquoi tous les sacrifices de l’AT devaient être offerts avec du sel? Il ne suffit pas de présenter l’objet de l’offrande devant Dieu. La signification spirituelle du sel doit accompagner l’offrande, c’est-à-dire qu’en présentant l’offrande, vous offrez à Dieu votre personne et votre vie. Autrement, le riche aurait toujours l’avantage sur le pauvre. Le riche peut aisément donner cent moutons alors que le pauvre doit presque tout sacrifier pour n’offrir qu’un simple pigeon. Dieu ne voit pas les choses de cette manière. La valeur d’une offrande ne se mesure pas par son prix sur le marché. Elle est influencée par les circonstances de l’offrande et par la condition spirituelle du cœur du donateur. Dieu estime celui qui donne en se donnant, dans un réel esprit d’abnégation. Jésus a dit d’une femme qui n’a offert que deux petites pièces de monnaie, Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres (Luc 21.3). La valeur de son offrande était plus grande aux yeux de Dieu que celle des riches. Pourquoi? Parce que les riches ont donné de leur superflu alors que la veuve, malgré sa misère, a donné ce qu’elle avait de besoin pour vivre.

 

Par ailleurs, toujours en rapport avec la signification spirituelle du sel sur le plan de la pureté, une offrande doit être présentée avec un cœur pur. Autrement, vous aurez offert votre don en vain. Jésus dit, ‘Si vous avez offensé un frère, ne vous donnez pas la peine de venir devant l’autel avec votre offrande. Elle ne sera pas acceptée.’ Va–t’en premièrement te réconcilier avec ton frère ; et après cela viens, et présente ton offrande (Matthieu 5.24).

 

Vous êtes le sel de la terre. Vous n’êtes pas comme ceux du monde. Par nos qualités chrétiennes, Dieu nous appelle à influencer notre entourage de la même façon que le sel agit sur les aliments. Mais pour que notre influence perdure dans la société, nous devons nous assurer de ne pas perdre notre salinité chrétienne. Dans notre prochaine leçon, nous nous pencherons sur le problème du sel qui a perdu sa saveur.