LA PARABOLE DE LA DRACHME PERDUE

_________________________________________________________________________________________

Luc 15.8-10

 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.

www.entretienschretiens.com

 

 

Nous allons nous pencher aujourd’hui sur une très belle parabole de Jésus. Elle nous est racontée dans l’évangile de Luc 15.8-10. On l’appelle communément la parabole de la drachme perdue. Je n’ai aucune hésitation à dire que c’est une de mes paraboles préférées. Il n’y a que 3 versets à cette parabole, et pourtant, elle contient tant de richesse. Et j’aimerais vous faire part de ces richesses. Voici donc ce qu’on lit en Luc 15.8-10.

 

Luc 15.8. Ou quelle femme, si elle a dix drachmes, et qu’elle en perde une, n’allume une lampe, ne balaie la maison, et ne cherche avec soin, jusqu’à ce qu’elle la retrouve?

9  Lorsqu’elle l’a retrouvée, elle appelle ses amies et ses voisines, et dit: Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la drachme que j’avais perdue.

10  De même, je vous le dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent

 

Ce qui ajoute de la joie au ciel

 

Dans cette parabole, la drachme représente ce que nous sommes du point de vue spirituel. Nous sommes ce pécheur qui se repent et cela apporte tant de joie au ciel. Il y a beaucoup de joie au ciel, et cette joie grandit à chaque fois qu’un pécheur se repent de ses péchés. Si vous n’aviez aucun souci pour le salut d’une personne, vous n’avez évidemment aucune raison de vous réjouir. Mais Dieu s’en soucie, et les anges de Dieu s’en soucient également, à tel point qu’ils se réjouissent grandement chaque fois qu’une personne prend conscience de ses péchés et s’en repent. Lorsque je vois mes enfants grandir en maturité, je m'en réjouis car je me soucie de leur bien. Si ce n’était pas le cas, si je n’avais aucun souci pour eux, je n’aurais alors pas de raison de réagir à ce qu’il leur arrive. Dieu se soucie de notre bien-être spirituel. Les anges se soucient de notre salut. Et ensemble ils se réjouissent lorsque nous nous repentons et recevons le don du salut. Ce thème de la joie au ciel doit être souligné car il constitue un élément prédominant de cette parabole.

 

Plusieurs commentaires bibliques, après avoir expliqué la parabole précédente, i.e. la parabole de la brebis perdue, n’ont plus rien à dire sur la parabole de la drachme perdue sauf peut-être de mentionner que ces 2 paraboles sont très similaires. Certains vont jusqu’à avancer qu’il s’agit d’une répétition de la parabole précédente. Si vous comparez ces deux paraboles du point de vue de leurs ressemblances, tout le monde admet qu’il y a effectivement une très grande similarité. Quelque chose est perdue, elle est retrouvée, et il y a de la joie au ciel. Mais j’ai bien peur que nous perdions de vue toute la richesse que Jésus a mise dans cette parabole si nous nous limitons seulement à souligner les points de ressemblance. J’aimerais suggérer que si nous étudiions la parabole de la drachme perdue du point de vue des différences en comparaison avec la parabole précédente, cela ajoutera beaucoup plus de profondeur dans notre compréhension de cette parabole. Et c’est ce que j’aimerais vous montrer à l’instant.

 

Quand Dieu perd une pièce de monnaie

 

Pour commencer, décrivons les éléments de cette parabole. L’histoire est bien simple. Il y a femme qui avait 10 pièces d’argent, ou 10 drachmes comme on le rencontre dans certaines traductions. Chaque pièce d’argent a une valeur équivalente au salaire d’une journée de travail. Donc ces 10 drachmes représentaient ce qu’une personne gagnerait pour 10 jours de travail. Certains pensent que ces pièces de monnaie sont celles que les femmes de ce temps mettaient sur leur coiffure. Elles utilisaient des pièces de monnaie dont elles perçaient un trou au centre et cela leur permettait de les accrocher sur leurs cheveux comme parure. Nous n’avons aucun indice dans cette parabole qu’il s’agissait de telles pièces de monnaie. Affirmer qu’il en était ainsi serait plus ou moins de la spéculation. Et cela a peu d’importance de toute manière.

 

Ce qu’il faut retenir c’est qu’en n’ayant que 10 pièces d’argent, le fait d’en perdre une représentait une grande proportion de ce qu’elle possédait. Si vous aviez 1000 pièces d’argent et que vous en perdiez une, il est fort probable que vous ne vous en rendiez même pas compte. Mais si vous n’en avez que 10, chaque pièce que vous perdez vous affectera grandement. Tout cela est pour indiquer que le pécheur est précieux aux yeux de Dieu. Vous êtes quelqu’un de précieux pour Dieu. Vous n’êtes pas qu’un numéro parmi un billion d’autres. Dieu vous a personnellement à cœur. Si vous manquez à son appel, si vous ne faites pas partie de son royaume, si vous n’êtes pas sauvé, Dieu le remarque. Et cela l’attriste au plus point. Mais lorsque vous vous repentez et que vous rejoignez ainsi la grande famille des chrétiens, il n’y a personne de plus joyeux que Dieu et ses anges. Tout le ciel s’en réjouit.

 

La femme symbolise l’église

 

Nous avons donc cette pièce d’argent qui a été perdue par une femme. Mais qui est cette femme? Que représente-t-elle? Cette parabole diffère de la précédente d’abord par le fait que le personnage principal est une femme et non pas un homme. Il est vrai que perdre une pièce de monnaie n’est pas spécifique à un genre mais dans cette parabole, Jésus a décidé de parler d’une femme. Pourquoi cette référence à une femme maintenant? Doit-on y attribuer une certaine signification?

 

Je ne crois pas que Jésus ait fait ce choix par hasard. À première vue, on peut dire que cette femme représente Dieu cherchant les pécheurs au cœur repentant. Cette interprétation est tout à fait correcte mais il me semble qu’on peut en dire plus. Et plus j’y réfléchis, plus j’ai la conviction que cette femme représente également son église, l’assemblée de Dieu. Quand vous étudiez l’enseignement du NT et particulièrement dans l’Apocalypse, vous noterez que l’église est souvent représentée par une femme. Par exemple, l’église est représentée par une vierge (2Corinthiens 11.2), ou par une épouse (Éphésiens 5.25), ou encore par la femme de l’agneau (Apocalypse 21.9). Dans l’Apocalypse 12, elle apparaît sous l’aspect d’une femme enveloppée du soleil. Il ne faut pas évidemment conclure que chaque référence à une femme retrouvée dans la Bible correspond à une représentation de l’église. Mais dans le contexte de cette parabole, compte tenu de ce qui nous est dit avant et après cette parabole, je crois qu’il est tout à fait légitime d’affirmer que cette femme à la recherche de sa drachme perdue représente l’église.

 

Comment peut-on justifier cette affirmation? Notez d’abord que dans la première parabole, le Seigneur Jésus parle de Lui-même comme étant le berger recherchant la brebis perdue. Comment peut-Il continuer à rechercher les brebis perdues de notre génération si ce n’est pas par l’intermédiaire de son église? Comment avez-vous été trouvés si Dieu n’avait pas manifesté son amour et sa puissance au travers de son église? Comment Dieu peut-Il trouver ceux qui sont perdus spirituellement sans votre intervention et mon intervention? Dieu est à l’œuvre, recherchant activement les pécheurs, par l’entremise de son peuple, par la grande famille des croyants, par son église.

 

Lumière du monde

 

On retrouve le même langage imagé lorsque Jésus parle de la lumière. En Jean 8.12, Jésus affirme qu’Il est la lumière du monde. Mais Il dit également que nous sommes la lumière du monde. Ceci signifie qu’étant La lumière, Jésus brille dans le monde par notre intermédiaire, par l’entremise de son église. De la même façon, nous retrouvons ce parallèle dans notre parabole. Dans le premier cas, dans la parabole de la brebis perdue, Jésus est le berger qui recherche ceux qui sont perdu. Dans le deuxième cas, dans la parabole de la drachme perdue, la femme représente l’église que Jésus utilise pour retrouver ceux qui sont perdus. Voyez-vous la beauté de cette image? Et ce n’est pas tout.

 

Remarquez ce que Jésus dit un peu plus tôt dans l’évangile de Luc. Voici ce qu’on lit en Luc 8.16-17.

 

Luc 8.16. Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d'un vase, ou ne la met sous un lit; mais il la met sur un chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière.

7 Car il n'est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour.

 

Prenez attentivement note de ces mots : Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase .. mais il la met sur un chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière. Quelle est la première chose que la femme fait dans notre parabole? Elle allume une lampe (v. 8). Et cette action est aussi la première chose que l’église doit faire, allumer la lampe, permettre à la lumière de Jésus de briller dans le monde. Jésus est La lumière du monde. Nous sommes la lumière du monde. Et nous allumons la lampe lorsque nous laissons la lumière de Dieu briller au travers de nous tant par la manière que nous vivons que par le message que nous prêchons.

 

Luc 8:16.  Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d'un vase, ou ne la met sous un lit; mais il la met sur un chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière.

 

La lueur de la lampe permet de révéler ce qui est caché dans la pénombre, et cela rend possible de retrouver ce qui a été perdu. La Bible nous dit que la Parole de Dieu constitue aussi cette lumière. Dans le Psaume 119.105, le psalmiste dit : Ta parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon sentier. La Parole de Dieu est une lumière non pas parce qu’elle est pourvue d’une puissance magique mais tout simplement parce que la lumière de Dieu rayonne au travers de Sa parole. En bout de ligne, c’est la lumière de Dieu parce que Dieu est lumière. On lit dans 2Samuel 22.29, Oui, tu es ma lumière, ô Éternel! L'Éternel éclaire mes ténèbres. Dieu est lumière. En tant qu’église, prenons garde à ce que rien ne vienne cacher cette lumière divine.

 

Perdue dans la poussière

 

La deuxième chose que cette femme fait après avoir allumé la lampe est de balayer la maison. Pour quelle raison devons-nous balayer un endroit? Parce que l’endroit est trop sale et qu’on veut le nettoyer. La signification spirituelle de ce balayage est extrêmement importante. Il s’agit d’un processus de purification. Dieu est en train de purifier notre cœur de la poussière et de toute la saleté qui nous cache de la lumière. Regardons ce que cela signifie du point de vue spirituel.

 

Cette pièce de monnaie est perdue dans la poussière du sol. Et on comprendra que le plancher des maisons palestiniennes de cette époque n’était en fait que de la terre battue. Donc il y avait toujours de la poussière sur le sol. Ce mot ‘poussière’ est très intéressant et j’aimerai vous faire part de trois commentaires concernant sa signification telle qu’on la retrouve dans l’AT en relation avec notre parabole.

 

Premièrement, nous sommes faits de poussière. Il y a un lien entre notre corps physique et la poussière. Vous connaissez sans doute ce passage en Genèse 2.7 où il est dit que Dieu forma l’homme de la poussière du sol. Notre corps physique est décrit en terme de poussière. Pensez à ce qui arrive lors d’une crémation. Tout ce qui reste du corps de la personne décédée n’est que cendre et poussière. C’est ainsi que Dieu dira à Adam un chapitre plus loin dans la Genèse, Car tu es poussière, et tu retourneras à la poussière.

 

Cette pièce d’argent est tombée dans la poussière; elle est maintenant perdue dans la poussière. Et c’est une raison majeure qui explique la déchéance de l’homme. L’homme est déchu spirituellement parlant car il a laissé le côté physique de sa nature le dominer. L’aspect spirituel de la nature humaine est ainsi obscurci par la poussière de sa nature charnelle. Du point de vue spirituel, l’homme est perdu car il a permis à l’aspect physique de la vie de le dominer. Sa vie peut se résumer à la satisfaction éphémère que lui procure sa maison, sa voiture, sa carrière, aux voyages qu’il a pu se permettre. C’est tout ce qui compte pour lui. Malheureusement, cela ne comble nullement ses besoins spirituels. Il n’arrive pas à comprendre pourquoi il y encore un vide en lui, même si toutes ces satisfactions matérielles sont à sa portée. C’est parce qu’il ne peut voir les choses qui sont éternelles. Pour lui, les réalités spirituelles n’existent pas. Il ne croit qu’à ce qu’il voit avec ses yeux physiques. Et à ses yeux, il n’y a pas d’autre réalité que le monde matériel. Il est peut-être en vie physiquement, mais spirituel, il est mort.

 

La deuxième chose que ce mot ‘poussière’ nous apprend est la suivante. L’expression ‘descendre dans la poussière’ évoque souvent la mort dans l’AT. Nous voyons cela par exemple dans le Psaume 22.30 où il est écrit, Devant lui plieront tous ceux qui descendent dans la poussière, ceux qui ne peuvent conserver leur vie. Ceux qui ont perdu la vie sont ceux qui descendent dans la poussière. Cette pièce d’argent est tombée dans la poussière du sol. Elle est descendue dans la poussière et elle représente l’être humain dont la vie spirituelle s’est éteinte. Donc voici mon second point. Parce que l’homme se laisse absorber totalement par le côté charnel de la vie, parce que l’aspect physique et matériel n’est que la seule réalité à laquelle il croit, l’homme est mort spirituellement. Il est complètement perdu dans la poussière de la mort.

 

La troisième chose que l’on apprend de ce mot ‘poussière’ c’est qu’il exprime l’humiliation. Il est écrit dans le Psaume 72.9, Devant lui, les habitants du désert fléchiront le genou, et ses ennemis lécheront la poussière. Imaginez, lécher la poussière! Être dans la poussière, c’est être humilié, être abaissé. C’est descendre aussi bas que l’homme peut aller. Et le péché constitue la source première de cette humiliation. Avez-vous déjà remarqué à quel point le péché peut humilier quelqu’un? On peut le constater souvent lorsqu’on entend parler d’un crime commis par un individu. Vous voyez souvent le criminel cacher son visage de la vue des gens et des caméras avec son bras ou son manteau.

 

Dieu nous relève de la poussière

 

Le péché est si dégradant, si révoltant pour le juste. Et si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous pouvons tous nous identifier à ce criminel, complètement humiliés devant Dieu par nos propres péchés. Il faut faire preuve d’humilité pour le reconnaître. Mais vous savez, la situation n’est pas désespérée. Il y a une bonne nouvelle. Parce qu’il y a un Dieu merveilleux qui veut nous faire sortir de cette misérable condition. À cet égard, laissez-moi vous lire ce passage qui se retrouve dans le Psaume 113 et vous verrez à quel point Dieu est extraordinaire. Nous allons commencer avec le verset 4.

 

Ps 113:4 L'Éternel est élevé au-dessus de toutes les nations, sa gloire est au-dessus des cieux.

5  Qui est semblable à l'Éternel, notre Dieu? Il a sa demeure en haut;

6  Il abaisse les regards sur les cieux et sur la terre.

 

Remarquez ceci. Notre Dieu est un Dieu tout puissant. Il n’y a rien au-dessus de Lui. Et pourtant, Il s’abaisse pour voir les cieux et la terre. Et que fait-Il? Lisez les prochains versets. Verset 7.

 

7  De la poussière il relève le faible, du fumier il retire le pauvre,

8  pour l'asseoir au rang des princes, au rang des princes de son peuple.

9  Il assied la stérile en sa maison, mère en ses fils heureuse.

 

Alléluia! Oui, louez l’Éternel! Il relève le pauvre de la poussière. Souvenez-vous du Sermon sur la Montagne quand Jésus dit, Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! Dieu relève les pauvres de ce monde de la poussière, de l’humiliation, de la déchéance causée par le péché. Et Il les redresse pour les faire asseoir avec les princes de son peuple. Il les fait devenir enfants de Dieu. C’est ça le salut dont la Bible fait mention. Si nous nous repentons, si nous laissons Dieu nous changer et nous transformer, Il va nous relever de la poussière pour nous faire asseoir au rang des princes en tant qu’enfants de Dieu. Et dans ce salut, je peux me réjouir pleinement.

 

Retournons maintenant à notre parabole. Cette femme est en train de balayer le sol dans l’espoir de retrouver sa pièce de monnaie. Quel est l’effet de ce balayage sur la pièce d’argent? Lorsque le balaye touche cette pièce de monnaie, il ôte la poussière qui la recouvre. Il essuie la couche de poussière qui s’est accumulée autour d’elle. De la même façon, lorsque la Parole de Dieu fait contact avec vous, elle ôte la poussière qui vous a rendu spirituellement aveugle. Et vous êtes ainsi libérés des 3 choses que je viens tout juste de mentionner. Vous êtes libérés de la poursuite des satisfactions physiques et charnelles de ce monde. Vous êtes libérés d’une mort spirituelle certaine. Et vous êtes libérés de la dégradation causée par le péché. Et Dieu vous relève de cette déchéance. Dans le premier chapitre aux Éphésiens, il est dit que Dieu nous a fait asseoir avec Christ dans les lieux célestes. Wow! On ne peut monter plus haut que cela. Assis avec Christ dans les lieux célestes! Voyez-vous comment une simple parabole de 3 versets nous informe autant sur le salut que Dieu procure aux hommes.

 

Je me dois maintenant d’ajouter ceci. Comprenez que le salut est offert à tous par Dieu mais tous ne sont pas sauvés. La repentance est ce qui fait toute la différence. Pour être sauvé, nous devons reconnaître nos péchés et nous repentir devant Dieu avec un cœur sincère. Remarquez que la femme dans la parabole a perdu une drachme, i.e. une pièce de monnaie fait d’argent. Il ne s’agit pas d’une pièce en bronze ni en or. Et comme toute argenterie, elle se ternit avec le temps et l’usage. Elle se recouvre progressivement d’une crasse qui obscurcit son apparence, un peu à la manière du péché qui obscurcit le cœur de l’homme.

 

Répondre au balayage de la Parole de Dieu

 

L’apparence noirâtre de cette pièce de monnaie rend la recherche difficile, d’autant plus qu’elle est recouverte de poussière. Ce qui va aider la femme à retrouver sa drachme, c’est le bruit produit par la pièce de monnaie lorsqu’elle cogne le sol après avoir été projetée par le balaie. Donc en plus d’être époussetée par le balaie, la pièce de monnaie produit un tintement. Et ce tintement symbolise la réponse de l’homme au balayage occasionné par la Parole de Dieu. Voyez-vous, il ne suffit pas simplement que Dieu soit à notre recherche. De notre côté, nous devons produire une réponse face à l’initiative de Dieu. Ceci devient explicite lorsqu’on lit le dernier mot de cette parabole. Il s’agit du verbe repentir. … il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent. La réponse initiale à la Parole de Dieu dans la voie qui mène au salut se constate par une repentance. Personne ne peut se rendre pur de la saleté qui l’enrobe, mais il lui est possible de répondre au balayage de la Parole de Dieu en produisant ce tintement lorsque son cœur aura été touché.

 

Une pièce fait en argent ne constitue pas en soi une monnaie. On la reconnaît comme monnaie par la gravure qui s’y retrouve. Lorsqu’on joue à ‘pile ou face’, vous avez sans doute déjà remarqué que le côté ‘face’ montre l’image d’une personne. Toute pièce de monnaie canadienne montre ainsi l’image de la reine d’Angleterre, Elizabeth II. Ceci témoigne du temps où le Canada appartenait à l’Angleterre en tant que colonie. Du temps des Romains, la monnaie romaine portait également une image, celle de l’empereur au pouvoir. Et techniquement, c’est à l’empereur de Rome qu’appartenaient toutes les pièces de monnaie sur lesquelles on retrouve son image. Rappelez-vous de cette question piège qui a été posée à Jésus (Matthieu 22.20-21). ‘Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César?’ Jésus leur dit, ‘Prenez une pièce de monnaie. Regardez-là bien. Quelle image voyez-vous? À l’effigie de quelle personne a-t-elle été gravée?’ ‘À l’effigie de César’, ont-ils répondu. Et Jésus conclut la conversation par la phrase suivante : ‘Rendez donc à César ce qui est à César. N’est-ce pas son image qu’on retrouve sur cette de monnaie? Ceci signifie que cela lui appartient. Donc retournez à César ce qui lui appartient.’

 

Sur le plan spirituel, tout être humain porte l’effigie de son Créateur. Il est dit dans le livre de la Genèse que l’homme a été créé à l’image de Dieu. Tout comme la pièce de monnaie appartient à la personne dont on y voit l’image, chaque être humain appartient à Dieu parce qu’il porte l’image de Dieu. Même perdu dans la poussière, même couvert de crasse, l’homme conserve toujours la marque du Dieu qui l’a créé. Ne pensez pas que le fait de ne pas croire en Dieu ne vous lie pas à Dieu. Dieu a droit de propriété sur tout être humain, croyant ou non-croyant, par le simple fait qu’Il est le Créateur de l’homme et Il l’a créé à Son image. Et c’est le plus grand désir de Dieu de retrouver tous ceux qui sont perdus. Il veut nous purifier de notre crasse afin que Son image puisse briller au travers de nous dans toute la splendeur divine dans le monde entier.

 

Une pièce de monnaie devenue utile

 

Maintenant, réfléchissons davantage sur la signification de cette pièce de monnaie. Elle est faite d’argent. Elle a été gravée à l’effigie du propriétaire. Mais quelle utilité a-t-elle lorsqu’elle est perdue dans la poussière? Elle ne peut servir à personne. Une pièce de monnaie ne remplit sa fonction que dans la mesure où elle est accessible à son propriétaire, prête à être mise en circulation lors d’une transaction financière. De la même façon, Dieu ne peut utiliser une personne qui est perdue dans la poussière du péché pour construire son royaume. C’est seulement lorsqu’elle est retrouvée par Dieu qu’elle peut bénéficier au Créateur. Quand Dieu vous trouve, quand Il vous purifie de vos péchés, quand Il donne vie à votre esprit, vous devenez fonctionnel spirituellement. Dieu peut alors se servir de vous comme transmetteur de sa grâce au monde entier. Et plus vous circulez, plus la gloire de Dieu sera visible parmi les hommes.

 

Le point que je veux souligner est le suivant. Lorsque Dieu vous trouve et que vous recevez le salut, tout ne s’arrête pas là. Il ne s’agit pas de s’asseoir et de dire, ‘Regardez comme je suis brillant maintenant. Je suis comme une pièce de monnaie neuve.’ Lorsque vous êtes régénéré, vous avez une fonction spirituelle à remplir tout comme une pièce de monnaie a comme fonction de faciliter les échanges des biens matériels. Et cette fonction spirituelle est celle d’étendre le royaume de Dieu en faisant rayonner l’amour divin à ceux avec qui vous faites contact.

 

Dieu veut nous trouver

 

En conclusion, j’aimerais répéter ce que j’ai dis au tout début. À chaque fois qu’un pécheur se tourne vers Dieu dans une attitude de repentance, il y a beaucoup de joie dans le ciel parce que nous sommes très précieux pour Dieu. Il se soucie de notre âme, de la destinée éternelle de notre âme.

 

Cette parabole nous fait pénétrer dans le cœur de Dieu et nous montre comment Il perçoit les hommes. Nous sommes tous des pécheurs, voués à une mort spirituelle pour l’éternité. Par compassion et amour pour nous, Dieu veut changer cette pitoyable situation. Et il ne s’agit pas que d’un souhait ou d’une bonne intention. Dieu offre à tous les hommes qui répondent à son appel le salut éternel. Le salut dans cette parabole est perçu selon la perspective de Dieu. Car voyez-vous, seul Dieu peut raconter une telle parabole. Cela ne provient pas de l’homme car l’être humain ne réagit pas de cette façon devant quelqu’un qui lui cause tant de torts. Malheureusement je fais aussi allusion à ceux qui se déclarent chrétiens. J’ai vu trop souvent des Chrétiens adopter une attitude de supériorité par rapport aux non-Chrétiens. Tout comme les Pharisiens, ils sont prompts à condamner ceux qui commettent des fautes.

 

Mais le cœur de Dieu n’est pas comme cela. Il éprouve de la compassion vis-à-vis du pécheur parce qu’Il sait que son destin pour l’éternité est en jeu. Par la grâce de Dieu, puissions-nous, en tant que chrétiens qui forment l’église de Christ, apprendre de plus en plus à imiter le cœur de Dieu pour sauver ceux qui sont perdus dans la poussière de ce monde.