DEMANDEZ ET IL VOUS SERA DONNÉ
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Matthieu 7.7-11 

 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.

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Nous avons étudié dans nos leçons précédentes l’enseignement de Jésus qui nous demande de ne pas juger les autres et de ne pas donner de choses saintes aux chiens. Ces versets condamnent le jugement téméraire et insistent sur l’importance d’être un disciple à l’esprit perspicace. Après cette mise en garde, le Seigneur Jésus énonce cette belle promesse en Matthieu 7.7-11. Voici en quoi elle consiste.

 

Matthieu 7.7. Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira.

8 Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe.

9 Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain?

10 Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent?

11 Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.

 

Le contexte de la promesse

 

Nous allons débuter cette leçon en nous posant la question suivante. Quel lien existe-t-il entre ce passage et tout ce que Jésus a enseigné antérieurement? Pourquoi fait-il cette étonnante promesse, ‘Demandez et il vous sera donné,’ à ce moment-ci de son enseignement?

 

Il faut se souvenir que nous sommes encore dans cette section où Jésus prononce ce qu’on appelle ‘le Sermon sur la Montagne.’ Rappelons-nous également que le Sermon sur la Montagne expose la responsabilité du disciple qui s’est engagé à suivre Jésus. Il décrit en détail ce à quoi Dieu s’attend du chrétien au niveau de son caractère, ainsi que dans sa relation avec Dieu et avec ses semblables. Si vous avez bien saisi l’enseignement de Jésus et si vous êtes absolument honnêtes avec vous-mêmes, ce sermon ne pourra pas faire autrement que de faire naître en vous un sentiment d’impuissance et de désespoir. Le chrétien intègre, i.e., celui qui reconnaît son inaptitude à suivre les ordonnances du Seigneur, celui-là ira devant Dieu et dira, ‘Seigneur, comment pourrais-je me conformer à tes instructions? Comment pourrais-je incorporer l’enseignement du Sermon sur la Montagne à ma vie personnelle? Si je m’en remets à mes propres forces et à ma sagesse, jamais je ne pourrai y parvenir.’

 

Voilà pourquoi le Seigneur Jésus nous fait cette promesse en Matthieu 7.7. Dans cette dernière partie de son sermon, il nous dit, ‘Demandez et vous recevrez. Je sais que vous n’avez pas la capacité d’observer toutes mes instructions. Je sais bien que la puissance et la sagesse vous font défaut. Mais faites-moi confiance. Demandez, et je vous donnerai ce qu’il vous manque.’

 

Avec cette explication, le lien vient de s’établir! Tout devient clair. Si le Seigneur Jésus n’avait pas prononcé ces paroles à la fin de son discours, je crois que nous serions tous réduits au désespoir. Qui ne le serait pas? Un coup d’œil honnête à l’enseignement de Jésus suffirait à décourager ceux qui désirent sincèrement s’y soumettre. ‘Seigneur, je me sens tout à fait inapte à obéir à tes commandements. Je suis tellement faible, tellement égoïste. Comment puis-je aimer mon prochain d’une manière si altruiste? Tu exiges une âme de pauvre, un cœur pur, la vérité, la compassion, un esprit indulgent, une vie intègre. Toutes ces qualités sont hors de ma portée. Jamais je ne pourrai mener une vie marquée par ces vertus si tu ne m’en donnes pas la force.’ Et c’est ici, à la fin de son Sermon sur la Montagne, que Jésus nous donne une lueur d’espoir en nous promettant l’aide dont nous avons tant de besoin pour vivre selon sa volonté.

 

Vous devez demander

 

Demandez et il vous sera donné. La requête est bien sûr adressée à Dieu dans le contexte de la prière. Il est important ici de bien comprendre ce grand principe qui s’applique à la prière : nous devons communiquer à Dieu ce que nous désirons. Il y a donc une condition qui régit l’activité de la prière. Si nous voulons que Dieu provoque la réalisation de nos aspirations, il faut le lui demander. Si nous demandons, nous recevrons. Si nous ne demandons pas, nous ne recevrons rien. Si nous cherchons, nous trouverons. Si nous ne cherchons pas, nous ne trouverons rien. À celui qui frappe, la porte sera ouverte. Si vous ne frappez pas à la porte, celle-ci demeurera fermée. L’apôtre Jacques nous dit la même chose dans les termes suivants.

 

Jacques 4.2. …Vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas.

3 Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions.

 

Nous sommes parfois impressionnés par les talents de certains chrétiens dont les activités donnent de la vigueur à la vie de l’église. Quand on constate l’effet bénéfique de leur contribution, on se dit, ‘Ah, si j’avais ce talent! Si j’avais aussi ce don! Je pourrais faire de même pour mon église.’ Mais ce bref songe s’évanouit rapidement dans un soupir d’envie. Pourtant, avez-vous déjà pensé que les talents de ces frères et sœurs proviennent peut-être du fait qu’ils en ont fait la demande auprès de Dieu? Avez-vous déjà pensé que vous pouvez, vous aussi, faire connaître à Dieu les talents qui vous attirent? Si l’objet de notre demande n’a que pour seul but de satisfaire notre désir de plaisirs, je doute fort que Dieu acquiescera à notre requête. Mais si nous prions pour quelque chose avec le sincère désir de glorifier le Seigneur et son église, nous pouvons avoir l’assurance qu’il exaucera notre prière.

 

Ce passage en Matthieu 7.7 nous révèle l’un des plus stimulants aspects de la prière. Demandez et vous recevrez. Et pourtant, je me demande parfois si nous y croyons vraiment. Combien sont-ils ceux qui l’appliquent régulièrement dans leur vie chrétienne? Voyez-vous, nous entretenons tous un certain nombre de souhaits plus ou moins avoués. Mais combien de ces souhaits deviennent des requêtes de prière? Nous souhaitons qu’une situation donnée s’améliore. Nous souhaitons réaliser tel ou tel projet. Mais avons-nous pensé à faire en sorte que ce souhait devienne l’objet d’une requête auprès de Dieu? Nous ruminons souvent nos problèmes. Nous les partageons parfois à nos proches. Mais nous oublions trop souvent de consulter d’abord notre Père céleste pour lui confier ce qui trouble nos cœurs. Ici le Seigneur Jésus ouvre complètement les portes de la foi et déclare que les bénédictions de Dieu parviennent à ceux qui en font la demande.

 

Dans cette merveilleuse promesse du Seigneur, nous pouvons constater deux facettes complémentaires de sa relation avec ses enfants. Dieu dit, ‘Demandez et vous recevrez.’ Ces paroles nous donnent l’assurance que Dieu répondra à nos prières. Nous voyons ici l’expression de la grâce de Dieu, c’est-à-dire qu’il donne libéralement à ceux qui lui communiquent leurs besoins. C’est de cette façon que Dieu s’associe avec nous dans la prière. Donc, il y a d’un côté la grâce de Dieu qui pourvoie aux besoins de ses enfants. Mais d’un autre côté, il ne faudrait pas omettre l’importance de notre responsabilité dans la prière. Dieu s’attend à certaines actions de notre part. Il nous enjoint à demander, à chercher et à frapper. Il n’a pas dit qu’il donnerait sans que nous le sollicitions. Tous les chrétiens, sans exception, peuvent profiter de la grâce divine. Mais il faut savoir en faire la demande.

 

Prier inlassablement

 

Et non seulement faut-il demander, mais il faut demander avec insistance. Dans le texte grec, nous retrouvons une succession de trois verbes conjugués à l’impératif présent : demandez, cherchez, et frappez. Tous ces verbes expriment une action continue. En d’autres mots, il ne suffit pas de demander une seule fois et penser que Dieu s’occupera du reste. Il faut demander sans relâche, et alors vous recevrez. Cherchez avec persévérance et vous trouverez. Frappez inlassablement. Frappez, frappez, jusqu’à ce qu’on vous ouvre la porte. Dieu est toujours à la maison. Même si on ne vous répond pas tout de suite, ne quittez pas en pensant qu’il n’y a personne. Continuez à frapper à la porte du ciel jusqu’à ce qu’elle s’ouvre. Il faut se montrer persévérant. Priez. Priez souvent et avec vigueur. J’oserais dire qu’il faut s’entêter à prier, à prier inlassablement, jusqu’à ce que Dieu exauce notre requête.

 

Jésus insiste beaucoup sur cet enseignement puisqu’il en parlera dans plusieurs de ses paraboles. Prenez par exemple la parabole de l’ami importun (Luc 11.5-8). Jésus raconte l’histoire d’un homme qui était en voyage. Il faisait nuit et celui-ci voulait se mettre quelque chose sous la dent. Il alla alors frapper à la porte d’un ami. On comprendra que ce dernier n’avait pas trop envie de satisfaire sa faim. Personne n’aime se faire déranger à une heure aussi tardive. Mais le voyageur, à force d’insister, réussit à convaincre son ami de lui procurer un peu de nourriture. Et dans cette parabole, Jésus déclare que Dieu, pour qui il n’y a pas de moment inopportun, est toujours disposé à donner à ceux qui prient avec persévérance.

 

Voilà qui vient ébranler certaines règles élémentaires de politesse qu’on nous a inculquées depuis notre jeune âge. On nous a toujours dit qu’il ne faut ne pas ennuyer les gens. C’est une simple question de courtoisie. On n’a qu’à penser à une situation dans laquelle notre enfant s’évertuerait à nous demander sans relâche une faveur. Comment réagirions-nous? Nul doute que nous ressentirions un agacement nous monter à la tête. Et je vous parie que si nous lui refusons sa requête, il redoublera d’ardeur comme pour indiquer qu’il n’accepte pas notre réponse. Son entêtement nous oblige à contenir fortement notre irritation.

 

L’enseignement biblique vient renverser une partie de notre éducation en affirmant que Dieu ne se lasse pas d’être sollicité. Il aime les gens qui nous auraient normalement mis à bout de nerfs. En effet, Dieu apprécie les individus au caractère tenace et qui ne se laissent pas démoraliser par les échecs. Il est écrit en Jacques 1.5, Et si quelqu’un de vous manque de sagesse, qu’il demande à Dieu qui donne à tous libéralement et qui ne fait pas de reproches, et il lui sera donné. Si nous avons l’impression d’importuner Dieu lorsque nous l’invoquons par d’incessantes requêtes de prière, nous sommes dans l’erreur. Jacques nous dit que Dieu donne généreusement et sans adresser de reproches. En d’autres mots, il ne nous blâmera jamais en disant, ‘Pourquoi viens-tu m’importuner encore une fois avec ta longue liste de requêtes?’ N’hésitons pas à exprimer tous nos besoins à Dieu car sa parole nous assure qu’il distribue ses dons avec libéralité et sans récriminer.

 

S’approcher de Dieu avec assurance

 

L’assurance que nous obtiendrons ce dont nous avons besoin lorsque nous le demandons repose sur le fait que Dieu est notre Père. C’est pourquoi Jésus nous décrit une situation dans laquelle un enfant va vers son père pour lui faire part d’un besoin. ‘Si vous étiez le père,’ nous fait-il remarquer, ‘allez-vous lui jouer un mauvais tour en lui donnant quelque chose qui ressemble à ce qu’il a demandé mais qui, en réalité, ne lui serait d’aucune utilité ou qui pourrait même lui être nuisible?’ Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent? Les parents aiment trop leurs enfants pour les tromper de la sorte. Ils veulent bien sûr ce qu’il a de mieux pour eux. Ils ne leurs donnent que de ‘bonnes choses.’

 

Puis apparaît ce puissant argument. Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. La parole de Dieu utilise souvent cette expression, ‘à combien plus forte raison’ pour faire une comparaison entre deux situations, la première se situant au-dessus de l’autre. Cette comparaison montre que si un énoncé s’avère juste dans une situation inférieure, il le sera davantage dans la situation supérieure. ‘Si vous qui êtes méchants (vous qui êtes pécheurs), vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à plus forte raison votre Père céleste, qui est toute bonté, donnera de bonnes choses à ses enfants quand ils en font la demande dans leurs prières.’

 

Quelles sont ces ‘bonnes choses’ que Jésus mentionne à deux reprises au v. 11? À mon avis, il faut interpréter ce terme plus dans son sens spirituel que dans son sens temporel. Souvenons-nous que dans ce passage, le Seigneur traite de la prière. Et la prière, si on la définit dans le contexte du Sermon sur la Montagne, se traduit par une poursuite ardente de Dieu et de sa justice. Dans sa demande, le chrétien implore Dieu de lui accorder toutes ces belles vertus mentionnées dans le discours de Jésus. Sa recherche vise à trouver Dieu. C’est pourquoi il frappe à la porte qui mène au trône de la grâce.

 

Par ailleurs, en comparant ce passage en Matthieu avec le passage parallèle en Luc, nous voyons que Jésus faisait allusion au Saint Esprit lorsqu’il parlait des ‘bonnes choses’ données par notre Père céleste.

 

Luc 11.13. Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent.

 

Ceci ne signifie pas que le chrétien devrait s’abstenir de prier pour des choses matérielles. Mais nous devons comprendre que ce passage vise à encourager le disciple à prier d’abord pour les nécessités de sa vie spirituelle. Les requêtes concernent le pardon quotidien, la délivrance du mal, la paix, l’espoir, l’amour. Jésus nous invite à prier avec insistance et audace pour toutes ces bonnes choses spirituelles.

 

Les limites de la promesse

 

Dieu répond-il à toutes nos demandes? Il suffit de faire appel à notre propre expérience pour constater que nos requêtes ne sont pas toujours exaucées. ‘J’ai prié fort pour avoir cet emploi, mais je ne l’ai pas obtenu. J’ai demandé à Dieu qu’il aide nos enfants à être plus attentifs en classe, mais je n’ai remarqué aucun changement. J’ai demandé à Dieu de me guérir de ma maladie, mais les docteurs me disent que ma condition s’aggrave.’ Lorsque nos prières ne donnent pas les résultats escomptés, nous sommes portés à croire que Dieu ne tient pas compte de nos désirs.

 

Il est évident que dans ce passage Jésus ne nous donne pas la garantie absolue que tout ce que nous demandons trouvera une réponse favorable auprès de Dieu. Il serait déraisonnable d’interpréter la promesse, ‘Demandez et il vous sera donné,’ comme étant une sorte de chèque en blanc qui permettrait au chrétien d’obtenir tout qu’il demande. La Bible n’est pas un manuel d’instruction d’une machine qui obéirait à nos ordres en appuyant sur quelques boutons. Essayez d’imaginer cette situation : en priant un peu, tous vos désirs sont exaucés et tous vos rêves deviennent des réalités. Cela ne se produit que dans les contes! Je pense à l’histoire d’Aladin et sa lampe magique par exemple. Lorsque Aladin voulait qu’un souhait se réalise, il n’avait qu’à frotter sa lampe et aussitôt un génie apparaissait pour lui offrir ses services. ‘Maître, me voilà. Que puis-je faire pour toi?’ Si la promesse de Jésus était inconditionnelle, on pourrait alors comparer la prière à la lampe d’Aladin. Et Dieu deviendrait notre serviteur. Il serait le génie qui offre ses services chaque fois qu’on actionne le processus de la prière. Une telle compréhension de la prière frise l’absurdité. On ne peut pas approcher Dieu de cette manière.

 

D’autre part, essayez d’imaginer l’énorme responsabilité qui reposerait sur vos épaules s’il est vrai que Dieu accorde tout ce que vous demandez par la prière. La pression serait impossible à supporter. Qui aurait assez de sagesse pour endosser les conséquences d’une telle responsabilité? Si vraiment vous avez mesuré toute la portée d’une telle conception de la prière, je crois que vous n’oseriez plus jamais prier. Voici ce que nous confie Martin Lloyd-Jones dans son étude du Sermon sur la Montagne.

 

«traduction personnelle» Je rends grâce au Seigneur sur le fait qu’il n’est pas disposé à m’accorder tout ce que je lui demande. Je le sais car j’en ai fait l’expérience. Dans le passé, il y avait des choses qui comptaient beaucoup à mes yeux. Et j’avais la ferme conviction qu’elles pouvaient édifier ma vie. Mais avec un peu de recul, je peux aujourd’hui affirmer que ce n’était pas toujours le cas. Je suis profondément reconnaissant à son égard de m’avoir fermé la porte à certaines occasions pour mon bien.’

 

Ces mots proviennent d’un homme qui a su reconnaître les limites du discernement humain. Même avec les meilleures intentions du monde, l’être humain n’est pas assez sage pour assumer la pleine responsabilité d’une situation où toutes ses requêtes seraient exaucées inconditionnellement par Dieu. Seul notre Seigneur possède la compétence nécessairement pour juger clairement si une chose est bonne ou mauvaise pour nous à un moment donné. Dieu ne nous donne que de bonnes choses. Il ne nous trompera jamais en nous donnant quelque chose de nuisible (même si elle peut nous sembler bonne au début). Dans sa sagesse suprême, Dieu sait parfaitement ce dont nous avons besoin et ce qui nous convient le mieux.

 

Comme un voyageur

 

Demander, chercher, frapper. Voilà trois actions de la vie quotidienne. À quoi vous font-elles penser? Demander, chercher, frapper. Curieusement ce sont des gestes que pourrait accomplir un voyageur en chemin vers une quelconque destination. Considérez la question sous cet angle. Que devez-vous faire initialement pour parvenir à l’endroit désiré? Tout d’abord, vous vous informez sur l’itinéraire à suivre. Vous demandez cette information à ceux qui connaissent le chemin. Puis vous cherchez la route qui mène au lieu où vous voulez vous rendre. Une fois arrivée à destination, que faites-vous? Vous frappez à la porte afin qu’on vous laisse entrer. Cette séquence d’actions est exactement la même que celle présentée par Jésus dans son enseignement. Demander, chercher, frapper.

 

Nous retrouvons la même séquence en Matthieu lorsque les mages d’Orient étaient à la recherche de Jésus. En Matthieu 2.2, ils demandèrent cette question, Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Au v. 9, ils se mirent en route et cherchèrent leur chemin en suivant une étoile. Et finalement, au v. 11, ils trouvèrent l’enfant Jésus. Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent. Évidemment, on n’entre pas dans la maison d’autrui sans avoir cogné à la porte. Tout comme les mages cherchèrent l’enfant Roi pour l’adorer, notre âme devrait être occupée à chercher Christ avec humilité. Nous demandons, nous cherchons, et nous frappons afin de nous trouver en présence du Seigneur.

 

Une relation vivante avec Dieu

 

Ceci m’amène à dire quelques mots sur l’expérience spirituelle du divin. Dans ce passage, nous avons ce qu’on pourrait appeler un ‘passif divin.’ Il est écrit, Demandez, et l’on vous donnera. ‘On vous le donnera.’ Cette phrase se présente sous la forme passive. Dans le contexte de l’enseignement de Jésus, elle sous-entend que c’est Dieu qui donnera. C’est pourquoi nous parlons d’un ‘passif divin.’ Dieu est celui qui fera l’action de donner. De même, lorsque Jésus dit, ‘On vous ouvrira,’ il a à l’esprit que c’est Dieu qui ouvrira la porte. L’emploi du ‘passif divin’ laisse entendre que Dieu est l’auteur de l’action.

 

Pourquoi souligner ce détail? Vous savez, lorsque vous demandez quelque chose à Dieu et qu’il vous répond favorablement, on peut dire que vous avez vécu une expérience spirituelle. Lorsque vous frappez et que Dieu vous ouvre la porte, ceci constitue aussi une expérience spirituelle. Dans chaque cas, vous faites l’expérience d’une situation où Dieu est intervenu personnellement.

 

Certains chrétiens demandent avec un cœur brûlant d’ardeur, ‘Comment puis-je faire la rencontre de Dieu? Comment puis-je faire l’expérience de la vie abondante dès maintenant?’ Le Seigneur nous donne ici la réponse : en frappant à la porte. Vous n’avez pas ce que vous voulez parce que vous ne l’avez pas demandé. Vous ne trouvez rien parce que vous n’avez pas cherché. Vous ne pouvez pas entrer parce que vous n’avez pas frappé. Personne ne viendra vous ouvrir si vous ne cognez pas à la porte. La présence de Dieu se fera vraiment sentir à partir du moment où vous demandez, vous cherchez, et vous frappez à la porte du trône de Dieu en vue de vous trouver en sa compagnie. N’est-ce pas ce que nous faisons naturellement lorsque nous voulons rencontrer quelqu’un? Nous demandons son adresse. Nous cherchons le chemin pour se rendre chez lui. Une fois arrivés à destination, nous frappons à sa porte. Et dès qu’il prend connaissance de notre présence, il nous offre alors son accueil.

 

Jésus nous invite à venir à sa rencontre pour une expérience d’intimité spirituelle. ‘Venez à moi. Il suffit de demander le chemin. Suivez l’itinéraire qu’on vous donnera. Frappez à ma porte et on pourra se voir.’ C’est alors que la présence de Dieu se fera vraiment sentir dans notre vie. Tout a commencé par une requête. Jésus tient beaucoup à ce que nous prenions l’initiative de demander à le rencontrer. Pourquoi une telle insistance? Parce qu’en procédant de la sorte, notre foi se raffermit et établit en même temps les bases d’une communication personnelle avec Dieu.

 

Un puissant témoignage

 

Les chrétiens qui n’ont pas une expérience personnelle de leur Sauveur doivent dépendre de l’expérience spirituelle des autres. Leur vécu spirituel repose précairement sur ce que Dieu a fait pour les autres et non pas sur un rapport privé avec le Seigneur. Une relation aussi distante avec Dieu ne peut pas assurer une croissance spirituelle soutenue du disciple. Le chrétien est appelé à rendre témoignage de l’amour de Dieu dans le monde. Et par définition, vous ne pouvez pas être véritablement les témoins de son amour sans avoir au préalable fait l’expérience de son amour envers vous.

 

Par exemple, comment allez-vous rendre témoignage de la nouvelle naissance si vous n’avez pas fait l’expérience d’une telle naissance? Si vous êtes exactement la même personne que vous étiez avant d’embrasser le christianisme, qu’est-ce que la nouvelle naissance peut bien signifier pour vous? Elle n’aurait absolument aucune signification personnelle dans votre cas. Il est toujours possible d’en discuter sur le plan théologique. Mais vous ne parviendrez pas à expliquer avec puissance l’expérience de la nouvelle naissance.

 

C’est ce qui fait la différence entre une personne qui parle de Dieu sur la base d’une connaissance strictement théologique et celui qui rend témoignage à Dieu parce qu’il a joui de la faveur divine. Les gens peuvent aisément sentir si vous tenez des propos purement théoriques ou si vous parlez en vous appuyant sur votre propre expérience de la vie chrétienne. Ce dernier a la capacité de partager sa foi avec une grande force de persuasion. En effet, il est bien placé pour affirmer que la parole de Dieu est vraie de la première page jusqu’à la dernière et qu’il en a vérifié la véracité dans sa propre vie.

 

En terminant, j’aimerais vous lire Jean 16.24, un verset où Jésus répète ce qu’il avait déjà enseigné dans son Sermon sur la Montagne. Il dit à ses disciples, Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. Jésus nous invite à présenter nos requêtes en son nom. Par la prière, nous exprimons à Dieu notre désir de bénédictions spirituelles. L’exaucement de nos prières produira en nous une joie parfaite. Par cette expérience, nous pouvons déclarer avec la plus grande conviction que notre Dieu est un Dieu vivant, qu’il est réellement le Seigneur du ciel et de la terre.