GARDEZ-VOUS DES FAUX PROPHÈTES
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Matthieu 7.15-20

 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.

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Le problème des faux prophètes fait partie intégrante de l’histoire de l’église chrétienne. Ces prophètes ont fait un grand tort à l’église et leur néfaste influence continue encore à se faire sentir aujourd’hui. Malheureusement ils ne sont pas sur le point de disparaître. En Matthieu 7.15-20, le Seigneur Jésus nous met justement en garde contre ces dangereux individus. Lisons ce texte.

 

Matthieu 7.15. Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs.

16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons?

17 Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits.

18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits.

19 Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu.

20 C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.

 

En habits de brebis

 

Dans ce passage, le Seigneur Jésus dit à ses disciples et à son église, ‘Faites très attention aux faux prophètes car ils peuvent pénétrer dans l’église habillés en peau de brebis, i.e., en se donnant l’apparence de brebis. Sachez que sous cette peau se cachent des loups extrêmement féroces. Ils sont en quête de proies et n’attendent que le moment propice pour vous dévorer. Par leur présence, ils vous font courir un danger aussi grand qu’un troupeau de moutons menacé par une meute de loups affamés.’

 

La force de ces faux prophètes réside dans leur capacité à se présenter comme d’innocentes brebis. Si vous les regardez au milieu d’un troupeau, ils ressemblent exactement à toutes les autres brebis. À moins d’avoir été mis au courant de leur présence, vous n’auriez jamais soupçonné que certaines brebis sont en réalité de dangereux loups.

 

Ainsi le Seigneur Jésus nous fait cette mise en garde : ce qui ressemble à une brebis n’est pas nécessairement une brebis. Les apparences peuvent parfois être trompeuses. Comme vous le savez, la brebis représente souvent le croyant dans la Bible. Lorsque Jésus affirme que les faux prophètes ressemblent à des brebis, il faut comprendre que ceux-ci ressemblent, de l’extérieur, aux chrétiens. Ils font tout ce qu’un chrétien fait. Ils parlent comme les chrétiens et ils agissent comme les chrétiens. À l’église, on les accepte et on les écoute. On se souviendra que Paul, dans un souci de protéger l’église d’Éphèse, donna cet avertissement aux anciens. Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Veillez donc… (Actes 20.29-31). Soyez en garde contre les faux prophètes. ‘Parmi ceux que vous côtoyez surgiront des hommes qui diront des mensonges pour se faire des disciples.’

 

Nous percevons maintenant toute la portée des paroles de Jésus. Les ennemis se trouvant à l’extérieur de l’église sont beaucoup moins à craindre que ceux ayant réussi à se dissimuler dans l’église. En effet, il est plus facile pour le berger de prendre soin de son troupeau lorsque le loup est à l’extérieur de l’enclos. Si le loup parvient à se cacher parmi les brebis en se déguisant comme une brebis, le berger ne se doutera pas tout de suite de sa présence. Malheureusement, le loup a alors tout le temps qu’il lui faut pour se régaler de quelques brebis avant qu’on s’occupe de lui. Mais un tort irréparable aura déjà été fait au troupeau. C’est pourquoi il est d’une importance capitale pour le bien-être de l’église de savoir identifier ces faux prophètes le plus tôt possible. Ceci limitera les dommages qu’ils pourraient causer.

 

Un langage trompeur

 

Mais tout d’abord, regardons le contexte dans lequel les paroles de Jésus ont été dites. Le Seigneur Jésus a enseigné que dans la vie, il y a deux chemins. On peut choisir entre un chemin étroit et un chemin spacieux. Le chemin étroit est celui qui mène à la vie. Mais c’est un chemin difficile. Le chemin spacieux est celui qui mène à la perdition. C’est un chemin facile à suivre. Lequel de ces deux chemins allez-vous prendre?

 

Nous constatons qu’il y a un lien étroit entre ce passage (Matthieu 7.13-14) et celui qui nous met en garde contre les faux prophètes. Le Seigneur Jésus nous invite à choisir le chemin le plus difficile. Mais les faux prophètes tiennent un tout autre langage. Ils veulent nous persuader de prendre l’autre chemin. Ils disent, ‘Engageons-nous sur le chemin spacieux. C’est le choix de la majorité.’ Voyez-vous, ces prophètes nuisent à ceux qui cherchent sincèrement le chemin qui mène à la vie. Par leur enseignement erroné, ils veulent nous faire croire que le chemin menant à la vie éternelle est spacieux, que les difficultés n’existent pas vraiment. Le disciple n’a pas à compter la dépense avant de suivre Jésus. Pourquoi s’embêter de tous ces calculs quand le salut est si facile? Ils vont même jusqu’à dire que le chemin spacieux ne conduit pas à la ruine! Leurs paroles troublent rarement nos cœurs puisqu’ils cherchent toujours à dire ce que nous voulons entendre. Ils chatouillent nos oreilles par des propos qui nous apportent du plaisir et du réconfort. Avec un tel style de langage, il n’est pas étonnant qu’ils réussissent à entraîner d’autres personnes à leur suite.

 

Et c’est aussi ce langage que tenaient les faux prophètes de l’AT. Ceux-ci ne se faisaient pas prier pour parler au peuple juif en leur faisant les déclarations qu’ils voulaient entendre. Ils affichaient trop souvent un optimisme déformé par un esprit qui n’était plus en contact avec Dieu. Ils ont oublié que Dieu est un Dieu autant de jugement que d’amour et de miséricorde. Leurs messages trompeurs ont suscité la colère de Dieu qui les accusa de ‘bercer d’illusions mensongères’ le peuple hébreu. Ils disent à ceux qui me méprisent: L’Éternel a dit: Vous aurez la paix; et ils disent à tous ceux qui suivent les penchants de leur cœur: Il ne vous arrivera aucun mal (Jérémie 23.17). Les faux prophètes donnaient à la nation juive un faux sentiment de sécurité. Ils affirmaient que tout allait bien alors qu’ils auraient dû dénoncer les nombreux péchés du peuple de Dieu. Ils disaient, ‘Paix ! Paix !’ alors qu’il n’y a point de paix (Jérémie 8.11).

 

Quatre cents faux prophètes

 

Il y a dans l’AT une intéressante histoire mettant en parallèle le faux prophète et le vrai prophète. Elle nous permet de voir simultanément ces deux types de prophète en action. Cette histoire, impliquant le prophète Michée, est racontée à deux reprises. On la retrouve d’abord en 1Rois 22, puis la deuxième fois en 2Chroniques 18.

 

Qu’est-ce que le passage en 1Rois 22 nous raconte? Cette section nous met en présence de deux rois : (1) le roi du royaume du sud, Josaphat, (2) et le roi du royaume du nord, Achab. Josaphat était un bon roi, bien qu’il lui manquât peut-être un peu de conviction et de fermeté. À l’opposé, Achab était un roi au cœur malicieux. Il voulait partir en guerre et demanda à Josaphat de former une force commune pour attaquer la Syrie. Josaphat n’a pas tout de suite accepté cette proposition. Il a préféré consulter d’abord la parole de Dieu. Alors Achab fit appel à ses prophètes. Il réunit ainsi quatre cents prophètes dont le devoir était de donner leur opinion sur cette idée d’aller en guerre contre la Syrie. Mais il y avait déjà au départ un problème d’objectivité car tous les prophètes savaient ce que le roi désirait. Le roi Achab voulait faire la guerre. L’opinion qu’ils exprimèrent était tout simplement basée sur ce que le roi voulait entendre. ‘Prépare la guerre,’ disaient-ils, ‘et l’Éternel sera avec toi. Tu vaincras l’ennemi.’

 

Le roi Josaphat ne semblait pas avoir été trop impressionné par ces quatre cents prophètes. Malgré leur grand nombre, il avait peut-être senti qu’ils ne disaient pas la vérité et qu’ils cherchaient plutôt à faire plaisir au roi Achab. Alors il demanda à Achab, ‘N’as-tu pas d’autres prophètes dans ton royaume?’ ‘Oui,’ répondit Achab, ‘il y a un autre prophète qui s’appelle Michée. Mais je ne l’aime pas. Il a toujours une opinion qui est contraire à la mienne. Il n’a jamais rien de bon à me dire. Quand je lui demande quelque chose, il n’a que des reproches à me faire. Je ne vois pas pourquoi on devrait lui demander son avis.’ Mais Josaphat insista pour le voir. ‘Demande-lui de venir ici. Je veux connaître son opinion.’

 

Alors on envoya un messager pour convoquer le prophète Michée. Lorsque le messager trouva le prophète, il lui dit, ‘Ne dis rien qui puisse contrarier le roi. Annonce-lui du bien. Tu sais qu’il veut aller en guerre.’ De toute évidence, quelqu’un avait donné l’ordre à ce messager d’influencer le prophète. Mais Michée ne se laissa pas intimider. Il lui répondit fermement, ‘Je dirai ce que le Seigneur me commandera d’annoncer.’ On doit convenir que Michée, en répondant de la sorte, n’avait pas froid aux yeux. Cette hardiesse aurait certainement pu lui coûter la vie.

 

Ainsi s’exprime un vrai prophète

 

Et puis finalement, le prophète Michée se présenta devant les deux rois qui voulaient son point de vue. Achab lui demanda, ‘Qu’as-tu à nous dire? Devons-nous faire la guerre à nos ennemis?’ Michée répondit, ‘Vas-y. Va à la guerre. Tu gagneras.’ Mais Achab, n’étant pas satisfait de cette réponse, lui dit, ‘Écoute Michée, je veux que tu me dises la vérité.’ Combien de fois me faudra-t-il te faire jurer de ne me dire que la vérité au nom de l’Éternel (1Rois 22.16)? Voilà une drôle de situation. Ce roi voulait entendre la vérité mais il n’avait visiblement pas l’intention d’en tenir compte. Cela me fait penser à certaines personnes que je connais. Elles veulent qu’on leur dise la vérité mais refuse d’y faire face quand cela ne fait pas leur affaire.

 

Alors Michée dit à Achab, ‘Si tu vas à la guerre, le peuple d’Israël sera comme un troupeau de brebis qui n’a pas de berger. Il n’y aura plus de chef. Tu seras tué.’ Achab ne désirait pas prendre cet avertissement au sérieux. Toutefois, il est probable que cela souleva beaucoup de questions dans son esprit. ‘Comment se fait-il que tous les autres prophètes me donnent l’assurance du soutient de Dieu et toi, Michée, tu es le seul à me dire le contraire? Il n’y a personne d’autre qui partage ton opinion. Est-ce possible que tant de prophètes aient tort et que tu sois le seul à avoir raison? Ne sont-ils pas aussi des prophètes de Dieu?’ Michée ne nie pas que les autres prophètes soient des prophètes de Dieu. Josaphat n’aurait pas accepté de demander conseil à des prophètes de Baal s’il avait eu le moindre soupçon. Alors comment Michée pouvait-il démontrer la véracité de ses propos? Pour le moment, il ne pouvait pas le prouver. Il faudra attendre la suite des événements pour montrer qu’il disait la vérité.

 

Puis Michée poursuivit ses déclarations. ‘J’aimerais vous rapporter un incident de grande importance qui s’est produit devant le trône céleste de Dieu. J’ai vu l’Éternel mettre un esprit de mensonge dans la bouche de tous les prophètes dans le but de te faire périr, Achab.’ Le point de vue de Michée est clair maintenant : Les quatre cents prophètes que Achab avait entendus plus tôt ne disaient pas la vérité. Ce qu’ils avaient déclaré unanimement au roi n’était qu’un pur mensonge. En d’autres mots, ils étaient des faux prophètes.

 

Après avoir entendu cette révélation, l’un de ces prophètes s’approcha de Michée et lui donna une gifle. Prenez note de ce geste. Il est important. Le Seigneur Jésus a dit, ‘Vous reconnaîtrez les faux prophètes à leurs fruits’ (Matthieu 7.16). Observez leurs réactions lorsqu’ils vivent sous la pression des événements. Observez le comportement de ces prophètes. Si Achab avait fait preuve de perspicacité, il aurait vite compris qu’un homme se laissant emporter par la frustration en frappant une autre personne au visage ne peut pas être un vrai prophète. Regardez maintenant la réaction de Michée. Il encaisse le coup sans maudire et sans répliquer par la force physique. Il ne tente même pas de justifier ses paroles. Il se contenta de dire, ‘Tu comprendras tout cela parfaitement le jour où tu essaieras de te cacher de tes ennemis.’ Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits (Matthieu 7.18). Observez le comportement de ceux qui prêchent l’évangile de Christ.

 

Malgré tout ce que Michée a dit, le roi d’Israël décida quand même de partir en guerre. Mais il craignait pour sa vie. Il eut alors l’idée de se déguiser. De cette façon, ses ennemis pourront difficilement le reconnaître durant la bataille. Il demanda cependant à Josaphat de mettre ses habits royaux pour le combat. Josaphat n’a pas pensé qu’en étant vêtu de la sorte, il mettrait sa vie en péril car il devenait une cible facile pour ses ennemis. Tout s’est passé comme Achab l’avait planifié. Les soldats ennemis concentrèrent leurs attaques sur Josaphat alors que Achab semblait avoir été épargné. Mais tout à coup, une flèche tirée au hasard atteignit Achab qui mourut de sa blessure le soir même. La prophétie de Michée concernant la fin tragique du roi d’Israël venait de s’accomplir.

 

Cette histoire nous montre une des différences fondamentales qui distinguent les vrais prophètes des faux prophètes. Les faux prophètes répètent sans cesse, ‘Paix, paix,’ alors qu’il n’y a pas de paix. Ils n’ont que des nouvelles favorables à annoncer. Leurs messages correspondent toujours à ce que nous voulons entendre. Ils ont le tour de nous faire plaisir. Ceci ne veut pas dire évidemment qu’un vrai prophète n’a jamais de mots réconfortants à communiquer. Mais il ne prêchera pas avec des paroles réconfortantes lorsque la situation réclame des réprimandes. Dit autrement, il ne vous bercera pas avec de fausses paroles pour vous faire endormir au milieu de vos péchés.

 

Vous les reconnaîtrez à leurs fruits

 

Il y a une autre façon de reconnaître les faux prophètes. À deux reprises, Jésus dit, Vous les reconnaîtrez à leurs fruits (Matthieu 7.16, 20). Le Seigneur Jésus commença cette section avec une métaphore dans laquelle on retrouve des brebis et des loups. Puis il change cette métaphore et parle maintenant des arbres et de leurs fruits. Il passe du risque de ne pas savoir les identifier (puisque ces loups se présentent en habits de brebis) à notre responsabilité de les reconnaître à leurs fruits. Par cette déclaration, Jésus semble indiquer qu’un arbre ne peut pas camoufler son identité. Un loup peut se déguiser, mais pas un arbre. Les fruits qu’il produit révèleront tôt ou tard son identité. C’est pourquoi Jésus dit, Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons? (v. 16). Bien sûr que non! Les épines et les chardons ne peuvent pas produire ni des raisins ni des figues. Seul un figuier donne des figues. Seule une vigne peut donner des raisins. Les fruits nous donnent ainsi l’identité de l’arbre qui les porte. Jésus nous enseigne ici un principe spirituel qui se reflète dans le monde naturel : les fruits que produit un arbre ne peuvent pas être d’une autre nature que celle de l’arbre lui-même.

 

À quoi correspondent ces fruits? J’aimerais vous proposer cette description en trois points. Premièrement, ils se rapportent à la conduite d’une personne. Le fruit que produit une personne représente sa personnalité et sa manière d’agir vis-à-vis des autres. On reconnaît les faux prophètes à leur conduite. En John 15, dans la parabole de la vigne, il est question du sarment qui porte des fruits. On y retrouve le même symbolisme, c’est-à-dire que les fruits se rapportent au caractère de Jésus. Vous portez de bons fruits lorsque votre conduite reflète le caractère de Jésus. Les gens peuvent voir en vous la douceur et la bienveillance de Christ, son amour, sa pureté, sa patience. Paul utilise le terme ‘le fruit de l’Esprit.’ À l’opposé, si vous portez de mauvais fruits, vous avez produit les fruits de la chair, ce qui est décrit comme étant les ‘œuvres de la chair’ en Galates 5. Les œuvres et les fruits désignent exactement la même chose. Peu importe la cordialité d’un individu, on est en droit de le soupçonner d’être un faux prophète si nous constatons en lui les œuvres de la chair, i.e., l’impureté, la jalousie, la colère, l’égoïsme, et toutes ces choses négatives.

 

Deuxièmement, il faut dire que les fruits ne se limitent pas à une question de caractère et de conduite. Ils se rapportent tout autant à l’enseignement de l’individu. Ceci devient très évident en Matthieu 12.33-37 où Jésus utilise la même métaphore de l’arbre et de ses fruits. Mais cette fois-ci, il sera question de notre parler. Lisons ce passage.

 

Matthieu 12.33. Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais; car on connaît l’arbre par le fruit.

34 Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, méchants comme vous l’êtes? Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle.

35 L’homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l’homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor.

36 Je vous le dis: au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée.

37 Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné.

 

Jésus dit au v. 33, Car on connaît l’arbre par le fruit. Puis il affirme dans le verset suivant, Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. Le lien est facile à comprendre : les fruits sont à l’arbre ce que les paroles sont au cœur de l’homme. Si on peut identifier un arbre par les fruits qu’il porte, on peut aussi connaître la vraie nature du cœur d’un homme par ce qu’il dit. Tout comme un fruit révèle l’identité de l’arbre qui l’a produit, les paroles d’une personne révèlent la condition de son cœur.

 

Ainsi nous pouvons vérifier et nous avons la responsabilité de vérifier l’authenticité d’un chrétien en examinant ce qu’il enseigne. En 1Jean 4, l’apôtre Jean nous fait part du problème des faux prophètes. Il dit, ‘Ne croyez pas tous ceux qui prétendent être des chrétiens car il y a de nombreux faux prophètes dans le monde. Pour savoir s’ils viennent de Dieu, il faut les ‘mettre à l’épreuve.’’ Et quand on ‘met à l’épreuve un esprit’, on tient compte autant de son caractère que de ses paroles.

 

Troisièmement, les fruits se rapportent à l’influence qu’exerce une personne sur son entourage. On n’arrive pas toujours à déceler la présence d’un faux prophète en considérant son caractère ou son enseignement. Malheureusement il arrive parfois qu’on se rende compte de leur existence seulement après avoir constaté l’influence désastreuse de ce faux prophète sur la vie de ceux qui ont voulu l’écouter et le suivre. Mais il est trop tard. Le mal a déjà été fait. L’apôtre Paul compare l’effet destructeur de son influence à la gangrène qui détruit progressivement la chair. Et leur parole rongera comme une gangrène (2Timothée 2.17). Dans ce même passage, Paul parle d’une influence qui mine la foi de certains croyants (2Timothée 2.18), qui encourage l’impiété (2Timothée 2.16) et qui suscite des querelles (2Timothée 2.23).

 

Éprouvez les prophètes

 

Nous devons toujours garder à l’esprit que ces faux prophètes ne sont pas faciles à démasquer. Comme nous l’avons mentionné, ils ressemblent presque en tous points aux vrais prophètes et ils ne portent pas toujours les fruits qui vous permettraient ‘de les mettre à l’épreuve.’ Il faut parfois attendre la saison des fruits pour savoir s’ils viennent ou non de Dieu. Et même lorsque les fruits font leur apparition, il vous faut encore attendre une occasion favorable qui vous permettra d’examiner les fruits de près. Car on ne peut pas vraiment identifier un fruit en le regardant à distance.

 

Il faut se rappeler aussi qu’on ne reconnaît pas un arbre par les quelques mauvais fruits qui pendent à ses branches, mais par l’ensemble des bons fruits qu’il porte. Nous savons bien qu’il y a toujours un petit nombre de mauvais fruits dans chaque arbre. Ce n’est pas la présence de quelques fruits en mauvaise condition qui nous inquiète. Mais si nous sommes capables d’apercevoir par un simple coup d’œil beaucoup de fruits gâtés, il y a lieu de se poser des questions sur la santé de cet arbre. De la même façon, on ne peut pas examiner adéquatement un prophète en se basant sur quelques actions isolées. Nous devons prendre en considération l’ensemble de ses actions, l’essence de son enseignement et l’influence générale qu’il exerce sur son entourage.

 

Ajoutons que cette instruction de nous garder des faux prophètes ne devrait pas devenir une chasse aux sorcières. Cela rendrait intolérable la vie de l’église. Par cet avertissement, Jésus veut nous faire prendre conscience qu’il existe dans l’église de faux prophètes et il faut savoir s’en méfier. Il désire aussi nous encourager à préserver la vérité de ceux qui cherchent à l’exploiter pour leurs propres intérêts. Personne n’a la liberté de modeler la vérité à sa façon. La vérité absolue existe et elle ne tolère aucune altération. Elle se distingue des faussetés que les faux prophètes tentent de proclamer. Il est important de le souligner car nous vivons dans un monde marqué de plus en plus par la pluralité. S’il est vrai que chacun a droit à ses propres opinions, cela ne veut pas dire que toutes les opinions sont bonnes. Le disciple de Christ a le devoir de faire la distinction entre le vrai et le faux. Celui qui tient à protéger la pureté de la parole de Dieu prendra très au sérieux cet avertissement de Jésus.

 

Examinez vos propres fruits

 

Nous allons conclure cette leçon par ce dernier point. Nous lisons au v. 19, Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. Il y a dans cette déclaration un principe spirituel que la Bible mentionne régulièrement : Tout ce qui est mal et nuisible sera un jour détruit. Un arbre qui donne continuellement de mauvais fruits sera éventuellement coupé et brûlé. Les faux prophètes connaîtront le même sort. Ils seront jetés dans le feu de l’enfer. Ce verset reflète bien ce que nous retrouvons en Deutéronome 13.5 où il est écrit que les faux prophètes devront être mis à mort. Ce prophète ou ce songeur sera puni de mort, car il a parlé de révolte contre l’Éternel, votre Dieu.

 

Remarquez bien le mot ‘tout.’ Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé. Cette même phrase est utilisée par Jean le Baptiste en Matthieu 3.10 pour annoncer que le jugement de Dieu était proche. ‘Le royaume des cieux est proche,’ nous dit Jean le Baptiste, ‘et le jugement de Dieu l’est tout autant.’ Dieu jugera tous les arbres. Il jugera toutes les personnes individuellement. De la même manière, lorsque Jésus utilise ces mots, le jugement de Dieu dont il parle ne se limite pas seulement aux faux prophètes. Il s’agit d’un jugement que Dieu prononcera sur le sort de tout arbre, de tout individu.

Cette observation nous permet de comprendre le point que Jésus désire souligner : Ne soyez pas tellement occupés à rechercher les faux prophètes autour de vous au point d’oublier que c’est aussi par vos propres fruits qu’on vous reconnaîtra. Le même enseignement s’applique à tout le monde. Un arbre doit donner de bons fruits. Sinon il sera coupé et détruit. Une simple profession de foi qui ne donne pas de fruits, qui ne s’accompagne pas d’œuvres bonnes, aura des problèmes lors du jugement. Parmi ceux qui ont proclamé leur allégeance à Jésus, il y aura malheureusement des individus que Dieu rejettera. C’est ce que Jésus déclare au verset 21. Quiconque me dit : Seigneur, Seigneur ! n’entrera pas forcément dans le royaume des cieux (Matthieu 7.21). Nous étudierons ce verset en détail dans notre prochaine leçon.