NE CRAIGNEZ POINT
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Matthieu 10.24-33

 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.

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Nous rencontrons dans la Bible plusieurs expressions qui se répètent avec une certaine insistance. Parmi celles-ci, il y a la phrase, ‘Ne craignez point,’ ou ‘N’ayez pas peur.’ Si on se limite aux évangiles, ces paroles réconfortantes apparaissent surtout en Matthieu et en Luc. Dans l’évangile de Matthieu, le Seigneur Jésus les a prononcées à trois reprises à l’intérieur d’un même passage. Lisons ce passage. Matthieu 10.24-33.

 

Matthieu 10.24. Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur.

25 Il suffit au disciple d’être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. S’ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul, à combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison!

26 Ne les craignez donc point; car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu.

27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour; et ce qui vous est dit à l’oreille, prêchez-le sur les toits.

28 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne.

29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou? Cependant, il n’en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père.

30 Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés.

31 Ne craignez donc point: vous valez plus que beaucoup de passereaux.

32 C’est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux;

33 mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux.

 

La crainte de la persécution

 

Le Seigneur Jésus mentionne dans ce passage trois types de peur. En premier lieu, il dit à ses disciples, ‘Ne craignez point puisqu’il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert.’ Qu’est-ce que cela signifie?

 

Pour en saisir le sens, il faut lire la phrase qui la précède. Jésus dit au v. 25, Il suffit au disciple d’être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. S’ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul, à combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison! Le Seigneur Jésus met en garde ses disciples contre les difficultés qui les attendent. ‘En raison du lien qui nous unit, vous devez vous attendre à être traités de la même manière qu’on me traite. Si on me persécute, vous serez persécutés aussi. Si je fais l’objet de médisances, préparez-vous à recevoir le même traitement.’ Matthieu rapportera plus loin qu’en guérissant un démoniaque aveugle et muet, Jésus fut aussitôt accusé par ses ennemis d’avoir utilisé la puissance de Béelzébul, le prince des démons (Matthieu 12.24). Ses disciples risquent d’encourir les mêmes accusations s’ils agissent pareillement.

 

Un disciple authentique se reconnaît par sa loyauté à suivre son maître, autant dans la joie que dans la souffrance. Or, ce qui a provoqué les hommes à persécuter le Seigneur Jésus entraînera une réaction similaire envers ses disciples. C’est pourquoi Jésus déclare qu’aucun disciple n’est au-dessus de son maître. Le disciple ne doit pas s’attendre à être mieux traité que le maître.

 

Mais le disciple du Christ n’a rien à craindre car un jour toute la vérité sera connue. C’est l’argument que Jésus utilise pour nous rassurer. ‘Ne craignez pas vos persécuteurs car Dieu dévoilera leurs méfaits au jour du jugement, et possiblement même avant.’ Aucun secret ne peut rester indéfiniment caché. Tous les mensonges, toutes les paroles haineuses, tous les mauvais traitements infligés aux croyants devront se soumettre au jugement du Christ. Nous pouvons être certains que la vérité sera alors connue. Si nous croyons sincèrement que Dieu mettra en pleine lumière toutes les activités des hommes et si la justice divine nous inspire confiance, alors nous n’avons pas à craindre les attaques de nos persécuteurs.

 

Bien des croyants ont vu leur réputation ternie par la médisance de certains hommes hostiles à la foi chrétienne. Parfois, cette médisance pouvait même provenir d’autres croyants. Ceux qui souffrent pour Christ n’ont pas à craindre leurs persécuteurs car Dieu leur rendra justice. Le jour viendra quand les secrets et les intentions cachées des hommes seront exposés à la vue de tous. S’il est vrai qu’on vous a attaqués par des propos calomniateurs, vous pouvez être assurés que Dieu rétablira un jour votre réputation. Chacun recevra alors de Dieu la louange qui lui revient (1Corinthiens 4.5).

 

La crainte de la mort

 

Le deuxième type de crainte est présenté au v. 28. Il s’agit de la peur de mourir. Jésus dit, ‘Ne craignez pas les hommes. Ils ne peuvent que tuer le corps. Craignez plutôt Dieu car il peut faire périr autant le corps que l’âme.’ La puissance de l’homme est limitée. Le pire qu’il puisse faire, c’est détruire le corps. Il ne peut pas attaquer l’âme d’une personne. Les hommes peuvent seulement nous séparer de ce monde et non pas de la vie. Gardons à l’esprit que tous les croyants possèdent la vie éternelle. Nous sommes déjà passés de la mort à la vie, à une vie qui ne s’éteindra plus (Jean 5.24). Dieu a donné la vie éternelle aux croyants en transférant leur vie de ce monde matériel vers un monde de nature spirituelle, i.e., dans les lieux célestes en Christ.

 

Plutôt que de craindre les hommes qui menacent son existence physique, le chrétien devrait éprouver une crainte respectueuse de celui dont la puissance est illimitée : Dieu. Dieu est à craindre bien plus que les hommes car il peut anéantir complètement un être humain en faisant disparaître à la fois son corps et son âme. Le contraste se fait donc entre la totalité de l’anéantissement en enfer et la destruction incomplète occasionnée par la mort physique. Et l’argument est le suivant : Comparé à la condamnation qui séparera éternellement l’incroyant de Dieu, la mort physique est un drame bien moins grand qui puisse survenir à un chrétien.

 

La crainte des blessures

 

La peur d’être blessé constitue le troisième type de crainte. Au v. 29, le Seigneur Jésus dit, Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou? Cependant, il n’en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père. Jésus fait allusion ici à des moineaux qui, ayant été blessés, tombent au sol. Ces oiseaux servent parfois d’aliment. On pouvait en acheter à un prix modique dans n’importe quel marché de Jérusalem. Deux moineaux se vendaient pour un sou. C’est pourquoi la plupart des clients provenaient de la classe sociale la moins fortunée. Mais comment capturait-on ces oiseaux? On les prenait au piège (possiblement avec un filet) ou on les assommait en leur lançant des pierres (les armes à feu n’existaient pas à cette époque). On comprendra qu’en utilisant de telles méthodes, il était difficile d’attraper ces animaux sans les blesser.

 

Il est donc question de blessures et de douleur. Personne n’aime se faire mal et il est tout à fait naturel de chercher à éviter la blessure. Pour certains, la crainte d’avoir mal peut être la cause d’une préoccupation quotidienne. Encore une fois, Jésus nous dit, ‘Soyez sans crainte. Dans la blessure, vous n’avez pas à avoir peur car Dieu vous aime.’ Dieu est au courant de tout ce qui arrive sur la terre. Aucun détail ne lui échappe. Il connaît le nombre précis de cheveux qui poussent sur notre tête au point qu’aucun d’eux ne tombe sans qu’il le sache. De même, lorsqu’un moineau tombe au sol, il le sait. Si Dieu prend intérêt aux oiseaux du ciel, combien plus se souciera-t-il de nous qui valons bien plus que les moineaux, nous qui sommes la couronne de sa création! Dieu peut s’occuper de toutes nos blessures et toutes nos douleurs, et faire en sorte qu’elles concurrent à notre bien. Il donne ainsi un sens et un but à tout ce qui nous arrive.

 

La peur et la foi

 

Il faut savoir que dans la parole de Dieu, la peur et la foi s’excluent l’une l’autre. La foi est l’opposée de la peur. En fait, il est juste d’affirmer que la foi élimine la peur. Si nous croyons en la bonté de Dieu et si nous sommes persuadés que rien dans ce monde n’échappe à son contrôle, alors nous n’avons rien à craindre. En toutes circonstances, nous faisons confiance en l’amour de Dieu, ayant l’entière assurance qu’il prendra toujours part à ce qui nous concerne.

 

Regardons quelques exemples où la Bible présente la foi et la peur comme des entités contraires. En Marc 5.36, Jésus dit ceci : Ne crains pas, crois seulement. ‘N’aie pas peur. Aie seulement la foi.’ Le Seigneur adressa ces paroles à un chef de synagogue dont la fille était très malade. Au bord du désespoir, ce dernier supplia Jésus de faire quelque chose pour sauver son enfant. Mais la situation était très grave. Avant même que Jésus ait eu le temps de voir la jeune fille, on apprend la triste nouvelle de son décès. Il est difficile d’imaginer la peine qu’a dû ressentir le père à ce moment-là. Il était trop tard. Tout espoir venait maintenant de se dissiper. Pourtant, Jésus ne voyait pas la situation de cette façon. Il réconforta Jaïrus en disant, ‘Sois sans crainte. Ne te décourage pas. Crois seulement. Je la ramènerai à la vie.’

 

Par ces mots, Jésus voulait lui faire comprendre qu’il ne devait pas se laisser abattre par la consternation. Il l’invita à persévérer dans la foi. Crois seulement. Ayez confiance en Christ. Laissez-le prendre en charge la situation et il agira pour votre bien. Si nous croyons sincèrement que Dieu nous aime et que sa puissance est sans limite, pourquoi devrions-nous avoir peur? Rien ne peut nous arracher des mains bienveillantes de notre Seigneur. La foi dissipe les craintes. Plus notre foi est grande, moins la peur aura d’influence sur nous.

 

Nous faisons la même constatation quand Jésus dit à ses disciples en Matthieu 8.26, Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? Encore une fois, la peur et la foi sont placées côte à côte. Vous vous souviendrez que dans ce passage, Jésus se trouvait à l’intérieur d’un bateau en compagnie des disciples. Soudainement une tempête éclata. Pendant que l’eau remplissait graduellement l’embarcation, Jésus continuait à dormir paisiblement. Les disciples n’en pouvaient plus. Affolés par les vents et les vagues, ils décidèrent de réveiller leur Maître. ‘Seigneur, nous allons nous noyer! Sauve-nous!’ À notre grande surprise, Jésus leur répondit par ce qui semble être une réprimande. ‘Pourquoi êtes-vous si effrayés, gens de peu de foi?’ Cette phrase sous-entend que les disciples n’auraient pas dû avoir peur. Ils avaient avec eux le Créateur de l’univers en qui ils pouvaient faire pleinement confiance. Il n’y avait donc rien à craindre. Mais dans un moment de terreur, ils ont oublié l’identité divine de Jésus. C’est à cause de leur manque de foi que la peur de se noyer dans le lac troubla leurs esprits. Et le reproche de Jésus visait justement cette lacune. Ici encore, nous observons que la peur est présentée comme un signe d’une foi vacillante.

 

L’apôtre Jean le dit en ces termes : Il n’y a pas de crainte dans l’amour (1Jean 4.18). Il n’y a pas de place pour la peur dans l’amour. La peur et l’amour sont incompatibles. Tout comme l’eau et l’huile, ils ne peuvent pas se mélanger car l’un chasse l’autre. Jean complète ce verset en déclarant, Au contraire, le parfait amour bannit la crainte. Cet amour parfait, il nous en révèle la source au v. 19 : Nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier. En d’autres mots, la peur est repoussée par l’amour parfait de Dieu. La réponse définitive à nos craintes ne consiste pas à changer les circonstances (même si ces efforts peuvent procurer un soulagement temporaire) mais plutôt à s’enraciner dans l’amour de Dieu. Et pour que cela se produise, il faut avoir la foi. Plus nous faisons confiance en son amour et en sa bienveillance, moins nous ressentirons la crainte face aux tumultes de la vie. Les promesses divines témoignent du grand amour de Dieu pour les hommes. Dieu a pris la peine, dans sa parole, de nous promettre son soutien indéfectible. Si nous croyons à ses promesses, si nous nous réfugions par la foi dans l’amour de Dieu, alors il s’ensuit que notre âme se remplira d’assurance. Vraiment, ceux qui ont peur sont ceux dont la foi (ou le manque de foi) ne permet pas à l’amour de Dieu d’agir dans leurs vies.

 

Faire face à nos craintes

 

Ceci étant dit, ajoutons promptement que la peur est un sentiment commun à tous les hommes. Et le croyant n’en est pas exclu. En fait, j’irais jusqu’à affirmer que dans l’imperfection de notre vie sur cette terre, il y aura toujours des points de tension entre notre foi et nos craintes. Dans l’état actuel des choses, notre foi ne sera jamais assez pure pour dissiper complètement la crainte. D’ailleurs, en quoi la foi est-elle nécessaire devant la certitude? La foi comporte implicitement une acceptation à courir un certain risque. Et ce risque peut générer par moment de la peur.

 

Il n’est pas question ici de chercher à éliminer la peur. On ne peut pas empêcher les sentiments de se manifester puisqu’ils apparaissent indépendamment de notre volonté. Il est beaucoup plus profitable d’être à l’écoute de nos émotions et de reconnaître leur existence quand elles surgissent. Étant confronté à ses craintes, le croyant s’en remettra à Dieu et priera qu’elles deviennent une occasion de croissance spirituelle plutôt que de chute. Celui qui fait face à ses peurs avec sincérité constatera que Dieu fera grandir sa foi tout en repoussant ses appréhensions. Peu importe la gravité de la situation, il aura appris à se confier librement à Dieu, pleinement convaincu qu’il est digne de confiance.

 

Tout chrétien affrontant les tourmentes de la vie aura à faire un choix entre l’une ou l’autre de ces réactions : ‘Est-ce que je vais faire confiance à Dieu malgré ma douleur, mes faiblesses et ma peur, ou est-ce que je vais me détourner de lui dans la colère et avec le sentiment d’avoir été trahi?’ Jésus ne peut pas nous imposer son choix. Il souhaite malgré tout nous encourager à nous fier à lui en dépit de nos inquiétudes, en dépit d’une compréhension imparfaite de la volonté de Dieu. Et il nous donne les raisons qui devraient nous inciter à lui faire confiance.

 

Car nous avons confiance en Dieu

 

À trois reprises en Matthieu 10, Jésus dit, ‘N’ai pas peur.’ La répétition de ces mots montre bien son désir de nous voir tenir ferme dans l’adversité. Au lieu d’être apeurés par les difficultés, nous devrions demander à Dieu de fortifier notre foi car la foi a la propriété, comme nous l’avons vu, de repousser la peur. Le Seigneur Jésus nous enseigne ici qu’une foi forte est établie sur trois fondements. Décrivons-les.

 

Tout d’abord, nous voyons au v. 26 que la foi est fondée sur la justice de Dieu. On peut me calomnier. Les gens peuvent mentir à mon sujet. Je n’ai pas peur car j’ai confiance en la justice de Dieu. Ma foi s’y fie entièrement. Je sais qu’un jour, tous les faits seront révélés et qu’il rendra justice à ceux qui marchent dans la vérité.

 

Deuxièmement, la foi est fondée sur la puissance de Dieu. Nous lisons au v. 28, ‘Ne craignez pas la méchanceté de l’homme. Ses actions sont limitées. Le pire affront qu’il peut vous infliger, c’est de détruire votre corps. Mais il ne peut pas mettre fin à la vie qui se trouve en vous. Craignez plutôt Dieu car sa puissance n’a pas de limite. Il a le pouvoir de faire périr l’homme tout entier. Il peut anéantir autant le corps que l’âme en enfer.’ Le pouvoir de condamner l’âme au bannissement éternel n’appartient qu’à Dieu. Notre foi est fondée sur cette puissance. C’est pourquoi les enfants de Dieu n’ont pas à craindre les hommes.

 

Et troisièmement, nous notons que la foi est fondée sur l’amour de Dieu. Le v. 31 l’explique très bien. ‘Dieu s’intéresse aux passereaux, ces oiseaux communs. Pas un seul ne tombe au sol à son insu. S’il témoigne un tel intérêt aux petits moineaux, à combien plus forte raison désire-t-il prendre soin de vous. Il vous aime tellement qu’il tient même un compte précis du nombre de vos cheveux.’ Dieu est au courant de tous les détails et de toutes les circonstances de la vie du disciple. Ce dernier n’a donc absolument rien à craindre. Le Seigneur Jésus utilise le même argument dans son Sermon sur la Montagne (Matthieu 7.11). ‘Vous êtes pécheurs et pourtant, vous pourvoyez affectueusement aux besoins de vos enfants. Combien plus Dieu, qui est amour et bonté, veillera-t-il sur les siens!’

 

Ainsi la foi du chrétien a pour fondement ces trois aspects de la personne de Dieu. Elle s’appuie sur la justice impartiale de Dieu, sur sa puissance illimitée, et sur son amour indéfectible. Quand la foi est soutenue par une base aussi solide, le croyant n’a plus rien à craindre.

 

Craindre Dieu

 

Il y a toutefois une exception. Le chrétien ne craindra qu’une chose dans cette vie. De quoi s’agit-il? Il s’agit de la peur que Christ ne le reconnaisse pas au jour de son retour. C’est la crainte que Jésus le renie au jour du jugement en lui disant, ‘Éloignez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. Je ne vous connais pas.’ La séparation éternelle d’avec Christ est la pire des sanctions. C’est la crainte que le disciple doit éprouver devant celui qui a le pouvoir de condamner un homme au châtiment de l’enfer. La crainte de Dieu est le respect que l’homme éprouve pour Dieu lorsqu’il fait face à sa sainteté, sa justice, et sa pureté. Il prend conscience de la présence du Dieu vivant qui dévoilera entièrement sa sainteté et fera régner la justice au jour du jugement.

 

Sur quelle base Jésus reniera-t-il un homme devant notre Père céleste? Voici ce qu’il dit aux versets 32-33 : C’est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. Confesser Christ signifie que nous acceptons de le reconnaître publiquement comme notre Seigneur et notre Sauveur, et de vivre devant les hommes comme son serviteur. Une simple reconnaissance verbale de Christ ne suffit pas. Nos paroles doivent s’accompagner d’une vie d’obéissance. Autrement notre manière de vivre devient une dénégation du Christ, même si nous le confessons avec nos lèvres. Vivre en désobéissance équivaut à dire au Seigneur, ‘Je ne te connais pas.’ Mais le jour viendra quand Jésus déclarera à son tour, ‘Je ne te connais pas.’

 

‘Je confesserai celui qui me confessera; je renierai celui qui me reniera.’ Je n’ai aucune crainte de ce que mes persécuteurs peuvent penser de moi. Ce qui compte, c’est ce que Jésus pense de moi. Lorsque nous prenons position pour Jésus en toutes circonstances ici-bas, Jésus promet de faire de même au ciel. Il prendra position pour nous devant son Père dès maintenant ainsi qu’au jugement dernier.

 

Tout ceci montre que la foi regarde vers l’avenir. Elle s’attache aux réalités éternelles. Les gens qui vous méprisent disparaîtront un jour car tous finissent par mourir. Toute chose dans ce monde a une fin. Il n’y a que Jésus qui n’a ni commencement ni fin. Le divin est éternel et la foi est en mesure de le constater. C’est pourquoi le croyant n’a pas peur d’être persécuté pour la croix du Christ. La foi s’applique aux choses qui se rapportent à l’éternité et en prend la défense. Elle prend position pour Jésus quelles que soient les peines à supporter.

 

L’importance de vivre en communion avec Christ

 

La confession étant une démonstration de foi, le refus de confesser Jésus équivaut à une dénégation. Or on peut renier par l’une de ces trois manières. On peut le renier avec nos lèvres. Ce que nous exprimons verbalement peut servir autant à le confesser qu’à le renier. Nous pouvons le renier par nos actions. La manière dont nous nous comportons devant les hommes indique si nous appartenons à Jésus ou non. Finalement, nous pouvons renier Jésus par le silence. Nous devons nous rappeler que le fait de ne pas élever notre voix au nom du Seigneur pour s’opposer au mal équivaut aussi à le renier.

 

Et si nous renions Jésus, celui-ci nous reniera également. Il dira au Père que nous ne lui appartenons pas car nous n’avons jamais entretenu de véritable relation avec lui. Cet avertissement affermit celle retrouvée au v. 28 où Jésus enseigne que la persécution n’est pas le plus grand drame qui puisse survenir à un homme. La pire des catastrophes, c’est d’être répudié par Jésus lorsqu’il versera son jugement sur le monde. Chaque individu doit décider dès maintenant avec qui il désire s’allier :  soi avec les enfants des ténèbres dans cette vie ou avec Jésus pour l’éternité.

 

Par ce passage, le Seigneur Jésus fait la déclaration selon laquelle la position de chaque personne devant Dieu sera établie par la relation qui aura existé entre cette personne et Christ. Jésus jouera alors le rôle de juge qui décidera de la destinée de chacun dans le contexte de l’éternité. Il se portera à la défense de ceux qui ont démontré leur foi en confessant Christ tant par leurs paroles que par leur vie. Et je vous ferais remarquer que cet enseignement se situe dans le cadre d’un sermon missionnaire prononcé par Jésus à ses disciples et non pas au public en général. Les chrétiens doivent savoir que leur justification repose sur une communion étroite avec leur Seigneur.

Concluons en ces termes. La peur est un sentiment qui paralyse et asservit ceux qui l’éprouvent. Même si nous ne pouvons pas en contrôler les circonstances, les lettres du NT nous apportent une solution pour la surmonter : Christ lui-même. Croyez en lui et vous ne craindrez point car en demeurant en lui, vous êtes en sécurité. La Bible nous incite à maîtriser la crainte par la foi. Celui qui vit par la foi dans une union intime avec Jésus Christ ne se laisse par gagner par ses peurs. Il vit dans l’assurance de l’amour de Dieu à son égard. Alors, ayez la foi et ne craignez plus.