QUI N’EST PAS AVEC MOI EST CONTRE MOI
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Matthieu 12.30a

 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.

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Lorsqu’il est question d’entrer au service de Jésus, il n’y a pas de place pour l’ambivalence. L’enseignement du Seigneur est très clair à ce sujet : Jésus exige de ses disciples une allégeance totale. Voici comment il l’exprime en Matthieu 12.30.

 

Matthieu 12.30. Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui ne rassemble pas avec moi disperse.

 

Il n’y a que deux possibilités

 

L’idée générale de ce verset est facile à expliquer. La neutralité n’est pas possible avec Christ. Ou bien nous sommes pour Christ, ou bien nous sommes contre lui.

 

Il est vrai que dans la plupart des situations de la vie quotidienne, nous avons la liberté de rester dans la neutralité. En fait, il est souvent plus sage de se tenir en dehors d’un débat, surtout si la discussion ne nous concerne pas directement. Mais le conflit entre Jésus et Satan nous implique tous, et dans ce cas-ci, la neutralité n’est pas possible car leurs royaumes sont diamétralement opposés.

 

Peut-être vous considérez-vous comme étant une personne neutre sur le plan de la religion parce que vous ne vous opposez pas à la pratique religieuse d’autrui. Dans les faits, cependant, on ne vous verra pas automatiquement sous cet angle. Si vous êtes perçus comme une menace, on vous traitera comme un ennemi, même si vous prétendez vivement le contraire. En temps de guerre, personne n’est obligé de respecter votre neutralité. Souvenez-vous de ce qui est arrivé à la Belgique lors de la Seconde Guerre Mondiale. La Belgique était supposée être un pays neutre. Elle ne voulait pas participer aux hostilités qui ravageaient l’Europe. Puis un jour, sans envoyer d’avertissement ni d’ultimatum, l’Allemagne envahit la Belgique. Du jour au lendemain, des parachutes allemands descendirent du ciel pendant que leurs troupes blindées traversèrent rapidement la frontière. La neutralité de la Belgique a été ainsi violée.

 

La situation n’est guère différente dans le monde spirituel. Même si vous ne pratiquez aucune religion, il ne faudrait pas penser que vous bénéficiez d’un état de neutralité spirituelle. Aux yeux de Satan, vous n’êtes pas neutres. Aux yeux de Jésus, vous n’êtes pas neutres non plus. Sa déclaration en Matthieu 12.30 le montre bien. Il nous force à faire un choix : Nous décidons de suivre Jésus et de résister au diable, sinon nous suivons le diable et nous nous opposons à Jésus. Ce sont les deux seuls choix possibles.

 

Ne pas s’y opposer

 

L’exclusivité que Jésus exige de ses disciples en Matthieu 12.30 est souvent comparée avec les paroles moins intransigeantes de Marc 9.40 où le Seigneur affirme que ‘celui qui n’est pas contre nous est pour nous.’ Autrement dit, ‘Si un homme n’est pas contre nous, alors il est pour nous.’ En plus d’être moins radicale, cette déclaration n’a pas exactement la même signification que celle du verset en Matthieu. Considérons Marc 9.40 dans son contexte. Lisons le texte à partir du v. 38.

 

Marc 9.38. Jean lui dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom; et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas.

39 Ne l’en empêchez pas, répondit Jésus, car il n’est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi.

40 Qui n’est pas contre nous est pour nous.

 

Nous voyons dans ce passage que Jean est en train de s’entretenir avec Jésus à propos d’un homme dont les disciples avaient fait la connaissance plus tôt, probablement durant leur premier voyage missionnaire. Cet homme avait le pouvoir de chasser les démons en se servant du nom de Jésus. Les disciples ont alors tenté de faire cesser ses activités parce qu’il ne faisait pas partie de leur cercle. Mais pour Jésus, ce n’était pas une bonne raison pour avoir agi ainsi. Il leur dit qu’ils n’auraient pas dû s’opposer à cet homme. Ne l’en empêchez pas … car il n’est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi. Par sa réaction, Jésus montre qu’il avait un point de vue beaucoup plus tolérant que celui des disciples concernant ceux qui ont le droit d’œuvrer pour Dieu. Il y a une importante leçon à retenir ici pour l’église du Christ. On ne doit pas restreindre les bénéfices de la grâce de Dieu à seulement certaines congrégations ou dénominations. Nous devrions plutôt nous réjouir du bien fait par des frères et sœurs en Christ quelle que soit leur dénomination. Il ne faut jamais perdre de vue que notre allégeance est d’abord et avant tout à Christ. Cette parole de Jésus constitue une vive critique de l’intolérance ecclésiastique.

 

Il y a des chrétiens qui semblent être incapables d’apprécier le travail spirituel de ceux qui oeuvrent d’une manière différente de la leur. Ceux qui ne travaillent pas comme eux ou avec eux sont, d’après ces chrétiens, dans l’erreur. Il n’y a, pour eux, qu’une seule bonne façon d’œuvrer pour le Seigneur : celle de leur église. Chasser les démons, faire le bien en utilisant le nom du Seigneur, dénoncer le péché, tout cela profite au royaume de Dieu et on ne devrait pas empêcher un individu de faire de telles œuvres tout simplement ‘parce qu’il ne suit pas les méthodes de notre église.’ Sachons mettre de côté l’esprit sectaire et réjouissons-nous des efforts déployés par un frère pour faire progresser le royaume de Dieu, peu importe s’il est presbytérien, baptiste, méthodiste ou luthérien.

 

 L’apôtre Paul a toujours gardé cela à l’esprit. Il écrit en Philippiens 1.18 qu’il se réjouissait chaque fois que Christ était prêché, même si les hommes le faisaient parfois avec de mauvaises motivations. Toutefois, de toute manière, soit comme prétexte, soit en vérité, Christ est annoncé; et en cela je me réjouis et aussi je me réjouirai. Voyez-vous la grandeur d’esprit de Paul? Même si la connaissance de Christ était diffusée pour l’apparence, l’apôtre pouvait quand même être rempli de la joie du Seigneur. L’important pour lui, c’est que Christ soit prêché.

 

Pour Christ et avec Christ

 

Retournons au 9ième chapitre de Marc. Nous lisons au v. 40, Qui n’est pas contre nous est pour nous. L’idée première de ce verset se traduit ainsi : Quiconque n’est pas contre un homme et ne cultive pas de relation avec le camp opposé doit être considéré comme un ami. Si un homme n’est pas contre Jésus ou ses disciples, alors il doit forcément être pour Christ.

 

Il ne faudrait toutefois pas conclure que toute personne luttant contre le prince des démons sous la bannière de Christ est motivée par un cœur intègre. Rappelons-nous du premier chapitre de la lettre aux Philippiens. Paul nous informe que certains annoncent la parole de Dieu dans un esprit d’envie et de rivalité alors que d’autres le font avec bienveillance. Quelques–uns, il est vrai, prêchent le Christ aussi par envie et par un esprit de dispute, mais quelques–uns aussi de bonne volonté ; ceux–ci par amour … ceux–là annoncent le Christ par esprit de parti (Philippiens 1.15-17). Nous verrons plus loin l’importance de cette observation.

 

Nous allons nous concentrer, pour le moment, sur la différence entre Matthieu 12 et Marc 9.

 

En Matthieu 12.30, Jésus dit, Celui qui n’est pas avec moi est contre moi.

 

Par ailleurs, nous avons en Marc 9.40 la phrase, Celui qui n’est pas contre nous et pour nous.

 

Avez-vous remarqué où se situe la différence, ou plutôt les différences? Il y a d’abord une différence dans l’utilisation des pronoms (moi / nous). Une deuxième différence apparaît au niveau des propositions (avec / pour). Dans l’évangile de Matthieu, Jésus parle d’être ‘avec moi,’ alors qu’en Marc, il est question d’être ‘pour nous.’ Peut-on donner un sens à cette différence? Explorons la question.

 

L’expression ‘pour nous’ se rapporte en premier lieu à Jésus et à ses disciples. Mais il faut reconnaître aussi d’autres liens. Le pronom ‘nous’ marque une solidarité avec tous ceux qui suivent Jésus. À cet égard, il englobe aussi l’église, la communauté chrétienne en général. On comprendra aisément que quiconque œuvre pour les intérêts de l’église de Christ doit être pour l’église d’une manière ou une autre. Ajoutons cependant une nuance. Vous pouvez être pour l’église avec des intentions égoïstes tout comme il est possible, nous dit Paul, de proclamer le Christ par ambition personnelle. Vous pouvez vous donner à fond pour votre église, pour votre dénomination, pour son enseignement, tout en ayant beaucoup de mal à accepter les méthodes des autres églises ou leur interprétation des doctrines chrétiennes. Il est possible d’être pour Christ et son église sans être avec Christ et son église. En d’autres mots, le fait d’être actif pour le Seigneur ne signifie pas nécessairement que vous êtes avec lui. Commencez-vous à voir la distinction entre être ‘pour Christ’ et être ‘avec Christ’?

 

Matthieu 7.21 fait mention d’individus ayant accompli des choses extraordinaires par le nom de Jésus. Ils ont chassé des démons. Ils ont prophétisé. Ils ont fait de nombreux miracles. Ces personnes s’adressaient à Jésus en disant, ‘Seigneur! Seigneur!’ Et pourtant, Jésus leur dit, ‘Allez-vous-en, vous qui commettez le mal.’ Ces gens-là, n’étaient-ils par pour Christ? Certainement, ils étaient pour Christ! Sinon, pourquoi appelleraient-ils Jésus par le terme ‘Seigneur’? Pourquoi utiliseraient-ils le nom de Jésus pour accomplir leurs œuvres? Il y a des hommes, tels les Pharisiens et les Sadducéens, qui s’opposaient farouchement à Jésus. Ceux-ci étaient indéniablement contre Jésus. Mais quand une personne consacre son énergie à chasser les mauvais esprits au nom de Jésus, on peut présumer que cet individu est au moins sympathique à l’œuvre du Christ. Et dans ce sens, on peut dire que les personnes mentionnées en Matthieu 7 étaient pour Christ. Malheureusement, il leur manquait quelque chose : ils n’étaient pas avec Christ. Pour cette raison, Jésus leur dit, ‘Éloignez-vous de moi vous qui pratiquez l’iniquité. Peut-être étiez-vous pour moi d’une certaine manière. Mais vous n’étiez certainement pas avec moi, même si vous m’appelez ‘Seigneur’. Quittez les lieux et ne revenez plus ici. Je ne vous connais.’

 

J’aimerais vous faire remarquer que personne n’est pour Christ sans croire en lui, ne serait-ce que superficiellement. Les individus en Matthieu 7.21 professaient connaître Jésus et d’une certaine façon ils croyaient en lui. Autrement, tout ce qu’ils ont fait en son nom n’aurait aucun sens. Ils n’auraient jamais chassé les démons en utilisant le nom de Jésus s’ils ne le considéraient pas comme leur Maître. Mais il n’est pas suffisant de l’appeler ‘Seigneur’. Il n’est pas suffisant d’être pour lui. Le chrétien authentique se tient avec Christ. Il ne faut donc pas penser qu’en étant pour Christ nous sommes nécessairement avec lui.

 

Nous avons vu en Philippiens 1 qu’il y a des gens dans l’église qui prêchent Christ avec des intentions qui étaient loin d’être pures. Sont-ils pour Christ? Bien sûr. Ils sont pour Christ puisqu’ils annoncent son évangile. Mais ne sont-ils pas en même temps contre Christ? Oui, on peut dire qu’ils étaient, vu sous un autre angle, contre Christ. Ils étaient contre Christ par le fait qu’ils ne prêchaient pas la parole de Dieu comme elle aurait dû l’être, i.e., par amour. Nous observons ici une curieuse situation où des disciples pouvaient être à la fois pour Christ et contre Christ. En prêchant l’évangile, ils étaient pour Christ. Ils annonçaient le Christ ressuscité. Mais leur prédication se faisait dans un esprit de jalousie et de rivalité. En servant le Seigneur avec des motifs impurs, c’est tout comme s’ils avaient renié leur Maître. Ils étaient contre lui.

 

Toute cette discussion a pour but de vous montrer la différence entre être ‘pour nous’ et être ‘avec moi,’ i.e., avec Christ. Vous pouvez prêcher la parole de Dieu avec des arrière-pensées et être encore pour Christ. Mais vous ne pouvez pas être avec Christ et l’annoncer avec de mauvaises dispositions. En Matthieu 12.30, il n’est nullement question d’être simplement pour Christ. À deux reprises, le Seigneur Jésus utilise l’expression ‘avec moi.’

 

Un avec Dieu

 

En choisissant ses douze disciples, nous lisons en Marc 3.14 que Jésus voulait les avoir avec lui. Il en établit douze pour être avec lui. Ce verset ne devrait pas être interprété que dans son sens physique. Certes Jésus désirait la présence des Douze à ses côtés. Mais il faut comprendre qu’il recherchait d’abord et avant tout une communion intime avec eux. ‘Je vous ai choisi pour être avec moi en esprit.’

 

Cette unité d’esprit sera plus loin l’objet d’une prière. S’adressant au Père, Jésus dit en Jean 17.22-23, Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, - moi en eux, et toi en moi, - afin qu’ils soient parfaitement un. ‘Afin qu’ils soient parfaitement un,’ un avec Dieu. L’apôtre Paul exprime la même idée en 1Corinthiens 6.17. Il écrit à l’église de Corinthe, Celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit. Celui qui s’unit à Christ devient spirituellement un avec lui. En Matthieu 11, Jésus emploie le mot ‘joug’. Un joug est une pièce en bois destinée à maintenir côte à côte deux animaux de trait. En nous invitant à porter son joug, Jésus s’offre pour être à nos côtés et partager le poids de notre vie. Là où il se trouve, nous sommes avec lui. Cette union à Christ implique notre cœur, notre esprit et notre pensée.

 

La notion d’être pour ou contre Christ nous pousse à prendre une décision. Matthieu 12.30 et Marc 9.40 soulignent tous les deux qu’une personne ne peut pas demeurer neutre par rapport à Jésus. Nous sommes forcés de faire un choix, que ce soit en faveur de Jésus ou contre lui. Un combat spirituel se déroule actuellement dans notre monde. Que nous le voulions ou non, ce conflit nous oblige à choisir le royaume auquel nous appartiendrons : celui de Dieu ou celui de Satan. À la suite de notre décision, nous combattrons alors soi l’iniquité, soi la justice. Il serait naïf de croire qu’en ne faisant rien pour le Seigneur, nous pouvons rester dans la neutralité. Par le seul fait de s’abstenir, nous devenons obligatoirement un partisan de Satan car nous permettons au mal de se perpétuer sans opposition.

 

Rassembler et disperser

 

Non seulement le Seigneur Jésus nous invite-t-il à prendre parti pour son royaume mais il nous demande, dans la deuxième partie de Matthieu 12.30, d’être dynamiques et de rassembler avec lui. Et il nous prévient que si nous ne nous joignons pas à lui pour rassembler, nous faisons la même action que celui qui disperse. Jésus dit, Qui ne rassemble pas avec moi disperse.

 

Quel message le Seigneur veut-il nous communiquer par ces mots? Cette phrase indique que l’authenticité de notre foi sera démontrée par les actions que nous faisons pour Dieu. Qui ne rassemble pas avec moi disperse. Nous rassemblons ou nous dispersons. Il s’agit de deux actions contraires et toutes les deux exigent un certain effort de notre part. Ainsi Jésus nous dit, ‘Celui qui ne travaille pas pour moi œuvre pour l’ennemi. Il disperse le monde.’ Notre allégeance à Christ s’observe par tout ce que nous accomplissons pour édifier son église. Si nous ne travaillons pas pour lui, nous travaillons forcément contre lui. Nous saccageons l’œuvre de Dieu. Nous dispersons.

 

Quelle image avez-vous en tête lorsqu’on parle de ‘rassembler’ et de ‘disperser’? Je crois que la première chose qui nous vient à l’esprit est l’image du berger occupé à prendre soin de son troupeau. Cette image, soulignons-le, n’est pas sans fondement. Il faut savoir que dans le langage grec, les deux verbes en question peuvent être utilisés dans le contexte d’un groupe de brebis que l’on rassemble ou que l’on disperse. Par exemple, le mot ‘disperse’ se retrouve en Jean 10.12 où il décrit l’action d’un loup au milieu d’un groupe de brebis. Le loup ravit les brebis et les disperse. Ici encore la neutralité n’est pas possible. Ou bien nous sommes comme le berger qui rassemble les brebis ou bien nous sommes comme un loup qui se précipite sur elles et les disperse.

 

D’autre part, il est également possible d’employer ces deux mots dans un contexte agricole. Nous rassemblons et nous dispersons durant la période de la récolte. Le moissonnage du blé débute par la coupe. Une fois coupé, on met le blé ensemble – on le rassemble – pour en faire des gerbes. Le blé qui n’aura pas été rassemblé se dispersera dans le champ et sera perdu. ‘Celui qui ne rassemble pas avec moi durant la moisson disperse. Il détruit la récolte.’

 

On comprendra aisément que du point de vue spirituel, l’action de rassembler et de disperser correspond à celle de conduire les hommes au salut ou de les éloigner du salut. Le point que Jésus désire souligner est donc très clair. Toutes les actions que nous accomplissons entraîneront l’une ou l’autre de ces conséquences : Elles mettront les gens en présence du Seigneur Jésus ou elles les écarteront de lui.

 

Dans les écrits de Paul

 

L’apôtre Paul enseigne exactement la même chose en 1Corinthiens 3.9-17. Ce passage est très intéressant pour notre étude. On peut dire qu’il constitue une sorte d’exposé sur la déclaration de Jésus en Matthieu 12.30. Lisons d’abord ce passage. Ensuite nous verrons de quelle manière il se rapporte à l’enseignement de Jésus sur la question de rassembler et de disperser.

 

1Corinthiens 3.9. Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu.

10 Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, j’ai posé le fondement comme un sage architecte, et un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus.

11 Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ.

12 Or, si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume,

13 l’œuvre de chacun sera manifestée; car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun.

14 Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense.

15 Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu.

16 Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous?

17 Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes.

 

Le lien entre ce passage et celui de Matthieu 12.30 est facile à saisir. Nous avons vu plus tôt que tout homme rassemble avec Christ ou autrement, il disperse. Nous avons mentionné que cette image pouvait s’appliquer au travail agricole. En 1Corinthiens 3.9, Paul écrit, Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu. Notez bien cette phrase. ‘Vous êtes le champ de Dieu.’ Et les ouvriers de Dieu travaillent dans le champ pour rassembler la récolte. Ceux qui oeuvrent ainsi rassemblent avec Christ. Le mauvais travailleur, au lieu de récolter le blé, va le laisser se disperser dans le champ où il sera perdu. Visiblement, il ne rassemble pas avec Christ. En refusant de moissonner, il disperse le grain. Vous voyez le lien?

 

Paul n’emploie pas les termes ‘rassembler’ et ‘disperser’ en 1Corinthiens 3. Pour exprimer la même idée, il va plutôt parler de ‘bâtir’ et de ‘détruire’. Ainsi, du v. 10 au v. 15, il insiste sur l’importance de bâtir sur une solide fondation. Puis au v. 17, il adresse un sévère avertissement à ceux qui chercheraient à détruire l’édifice de Dieu. Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira. L’expression ‘Si quelqu’un détruit’ fait référence à la même action que celle de disperser. Encore une fois, deux actions contraires sont mentionnées. Ou bien nous bâtissons, ou bien nous détruisons. Ou encore, en utilisant les paroles de Jésus, nous rassemblons ou nous dispersons.

 

Les similitudes entre 1Corinthiens 3 et Matthieu 12.30 sont tellement frappantes qu’il nous faut retourner dans le texte de Paul pour comprendre davantage l’enseignement de Jésus. Dans notre prochaine leçon, nous étudierons le sens du mot ‘rassembler’ à partir de la première lettre de Paul aux Corinthiens.